02.05.2008
Un trotskiste chez Drucker
Sentez-vous cette bonne odeur? Les clochettes blanches que tout le monde aime ont uni leur odeur printanière aux douces fragrances séditieuses que jeunes et moins jeunes au poing levé ont libéré pour commémorer les 40 ans du mouvement social de mai 68. Les premières émanations ont eu lieu dès le premier jour de mai, lors des immanquables manifestations qui ont rassemblé tous ceux qui se sentent de la gauche, de la vraie, au fond de leur cœur meurtri.
Joli ballet de drapeaux syndicalistes mêlés aux couleurs du muguet. Le 1er mai 2008, outre le fait de voir Chérèque et Thibaut se faire une accolade jacobine attendue depuis 2003, a du bois à mettre dans la chaudière : la réforme des retraites, les suppressions de poste dans la fonction publique, le pouvoir d’achat…
On croirait presque que c’était hier que le quartier latin était sens dessus dessous, et que les rues avaient été dépavées par les méchants gauchistes pour foutre sur la gueule des vilains CRS, bras armé du pouvoir. Et pourtant quatre décennies ont passé, et cela a suffi à refroidir les ardeurs des révoltés d’hier : aussi Dany le Rouge clame-t-il son repentir depuis son moelleux fauteuil de député européen.
Quand les héritiers de mai 68, (que Sarkozy compte bien plumer) démangés par l’envie de se faire pousser les cheveux et de continuer la lutte pavé en main, croient encore fermement à leurs convictions, voilà qu’Olivier Besancenot, petit facteur neuilléen s’il en est, veut passer chez Drucker le 11 mai! Oh le vil apostat ! Drôle de façon de fêter l’anniversaire de la révolution (avec un r minuscule toutefois, on ne peut que reprocher à ce mouvement en demi-teinte d’avoir accouché de la société de consommation diabolique). Là où l’on se rend compte que les temps changent, c’est en entendant le discours d’Arlette Laguillier, militante pugnace mais infortunée, qui approuve le choix de son cadet de passer chez les people. Même son de cloche pour le mentor spirituel du petit Olivier ; Alain Krivine pense qu’«Olivier chez Drucker ? Ça va être très politique ». Vous m’en direz tant !
Je souris à l’idée de voir Besancenot vanter les mérites du nouveau parti anticapitaliste qui attend sagement au fond des cartons et de casser du sucre sur les patrons sur un air de « nos vies valent mieux que leurs profits ». Qu’on soit bien d’accord, le fonctionnement de la société impose aux candidats d’utiliser les médias pour diffuser leurs causes, mais cela au risque de se voir eux-mêmes formatés aux standards des dits médias. Un certain faucheur moustachu particulièrement prisé par les caméras pourra vous parler de cette expérience insidieuse…
Parler à des millions de personnes soit, mais se prêter au jeu de la pipolisation est risqué, comme le craint Christian Picquet : « Ce type d'émission ne contribue pas à la différence d'idées, mais au contraire dépolitise l'espace public ». Sûr que les responsables de l’émission ont déjà récupéré les photos d’enfance du jeune révolutionnaire en train de taper sur le MEDEF avec son marteau et sa faucille en plastique. Pas de quoi attendrir les mamies le temps d’un après-midi dominical, qui continueront sans doute à voter à droite. Vivement dimanche !
13:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, lcr, besancenot, drucker, people
28.03.2008
Brèves courtes et concises
Ah forcément, sans les Rayban, c'est moins facile de rester impavide face au soleil, surtout quand on est de l'espèce des vampires élyséens qui ne sauraient arborer trop de couleur sur leur peau de peur de paraître empathique. Remarquez comme les rayons du soleil qui agacent Sarko révèlent à la perfection ses véritables traits quand il pense à nous en disant "je les ai encore bien niqués ces pauvres cons" (ou bien quand Carla lui fait des gâteries dans le lit présidentiel le matin...).
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Youpi! Les Bhoutanais ont découvert comment voter pour la première fois aux législatives le 24 mars dernier! Comme quoi tout arrive, même pour un pays qui évalue sa prospérité en fonction du Bonheur National Brut (XD)
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Il fait vraiment bon être Japonais. Ok, Aki Habara et les autres quartiers branchés de Tokyo, les geishas, les bukkake, c'est sympa vu du côté européen. Pour les autochtones, c'est quand même pas la joie. Une jeunesse en totale perdition (avec le phénomène des ikikomori et autres particularités bien nippones), et chez les vieux ce n'est guère mieux. Déjà qu'on a sans vergogne sucré la pension de retraite des vieux pour faire fondre la dette (si si!) en en laissant crever quelques-uns sur le tatami, maintenant l'archipel est à la recherche de 20 millions de cotisants non identifiés qui risqueraient bien de ne pas pouvoir acheter de riz pour leurs sushis!
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Ca y est, le mot est lâché! Nos intellectuels reconnaissent enfin que l'on entre dans un cycle de récession, après avoir seriné que la crise des subprimes perdrait en intensité en traversant l'océan. Alan Greenspan, l'ex-Boss de la Fed ose même, l'imprudent, comparer l'"incident" avec la crise de 29! C'est bien, on fait des progrès.
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Jérôme Kerviel aurait été contrôlé 75 fois dans ses activités d'arbitrage financier avant que le scandale de la Société Générale n'éclate en janvier dernier. Si Sarkozy a abandonné ses Rayban, Bouton lui aurait besoin de faire changer sa monture ainsi que les verres!
21:41 Publié dans Méli-mélo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité, infos, brèves, économie, société, politique
10.03.2008
L'homme qui murmurait à l'oreille des urnes
Bien que sans surprise, l’issue de ce premier tour des élections municipales est néanmoins intéressante. Alors que 10 mois de règne assez chaotique sous tutelle sarkozyste se sont écoulés, on peut, après un choc aux législatives largement amorti, procéder à quelques analyses à la lumière des faits précédemment établis.
Tout d’abord, la grande source de divergences tant sur les plateaux télés que dans les médias au lendemain du 9 mars a été le caractère des élections. Fallait-il y voir un enjeu local ou national ?
La première supputation impliquerait que les électeurs votent avant tout pour une gestion restreinte aux frontières de leurs villes respectives, eu égard des problèmes de gestion qu’un élu digne de ce nom se doit de prendre en considération. La logique de la démarche est irréfutable, car la conception (point trop philosophique) du bonheur de chacun commence par se sentir bien chez soi. Et ce malgré les grandes questions nationales, telles que le pouvoir d’achat et, étroitement corrélées, les retraites.
Les grands thèmes locaux gravitent autour de la gestion privée ou publique des ressources de la ville, et notamment celle de l’eau. L’emploi, dont les principales ficelles sont certes tirées au niveau national, n’exclut pas d’être géré par une dynamique à l’échelle plus restreinte. Ajoutons à ceci le syndrome franco-français de l’exception culturelle, considérée cette fois-ci dans une perspective communale, qui fait reluire le blason des maires qui la préservent auprès de ceux qui parleront aux urnes.
Dans les communes de moins de 3500 habitants, les candidats sont soumis à la loi du panachage ; les étiquettes de chacun importent alors peu et les enjeux locaux ont la primeur dans le jugement des électeurs.
Certains maires jouissent également d’une popularité acquise moyennant temps et expérience passés auprès des électeurs ; ainsi donc Alain Juppé peut remercier ces derniers de lui avoir au moins laissé son slip sur son trône de Bordeaux, alors qu’il était promis au goudron et aux plumes après son humiliation de juin dernier. Remarquons aussi qu’au scrutin présidentiel, les Bordelais avaient jeté leur dévolu sur la candidate socialiste…
Et Gérard Gaudron, le député-maire d’Aulnay-sous-Bois, qui avait fait une syncope en découvrant la divulgation de sa fraude à l’assurance chômage dans le Canard Enchaîné ? Malgré cet accroc, ça ne l’a pas empêché de glaner quelques 46,4% des suffrages et d’être en ballottage favorable avec la liste d’union de gauche qui s’oppose à lui…
Si, comme nous l’avons vu, ce premier tour semble conserver une dimension locale (les maires sont les élus les plus choyés par les Français, qu’ils nous disent), il serait abscons de le détacher d’un enjeu national. Elle était convaincante, Madame Dati, celle qui, pour caser un odieux jeu de mots, a vitrifié le Parquet. La Garde des Sceaux s’indigne d’un vote sanction (que ses collègues sarkozystes s’empressent de nier par la suite) et d’une manœuvre d’exhortation des électeurs par la gauche à donner la fessée au pouvoir en place par pure et simple rancœur ! Son grand moment de solitude se clôt par des bafouillis, après avoir tenté l’audacieuse alchimie de transformer la merde en or en défendant un bilan catastrophique, et la ministre de finir prostrée la tête sur ses mains croisées.
A droite, on a du mal à accepter une « poussée de la gauche », alors fustigeons celle-ci ainsi que ces « pauvres cons » d’électeurs qui manient la cravache avec sadisme ! On insiste éminemment sur la dimension locale du scrutin pour essayer de diminuer la dissonance cognitive qu’occasionne le refus d’une politique que d’aucuns n’ignorent plus, faute d’en avoir marre de le feindre.
Il faut bien s’appeler Devedjian pour faire l’éloge du local et tomber dans les mailles de son propre filet en allant pavoiser face à Fabius sur les « progrès » remarquables et les réformes entreprises par l’équipe que l’hyperprésident Sarkozy osait impétueusement qualifier de « meilleure jamais créée » ! Tombons d’accord avec lui sur un point : on a trop tergiversé sur sa petite (sic) personne, mais pas assez sur les (désastreuses) réformes mises en place.
Les municipales n’ont pas traduit massivement (25% des électeurs, info à prendre avec toute la crédibilité que l'on peut accorder à un sondage) un vote de mécontentement, mais fallait-il être complètement naïf pour ne pas prévoir que certains joindraient leurs graines de fiel patiemment germées au cours de ces dix derniers mois à leur bulletin, telle une gale suçant la sève d’un Etat de grâce ouvert par des festivités rupines éhontées au Fouquet’s ?
Allons allons, les électeurs peuvent être des girouettes, mais à trop les prendre pour des cons (et pauvres de surcroît...), ils sont susceptibles de s’en rendre compte. Les discours populistes du style « les électeurs sauront s’y retrouver », ça va bien un moment…
Quoiqu’il en soit, globalement, les mairies françaises vont apparemment troquer le bleu contre le rose. Mais au lieu de nous hasarder plus loin dans l’extrapolation, il sera sage de laisser parler une nouvelle fois les électeurs au deuxième tour, là où toutefois il aura lieu.
12:02 Publié dans Monde de drogués, Vox populi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, élections municipales
11.06.2007
Nomination cannoise tardive
Erratum de la part du jury du festival de Cannes ; un film a été oublié! Rendez-vous samedi 15 juin 2007 sur la Croisette pour la projection de ce malheureux exclus:

Un film de Ernest-Claude SPIELBERG de NAGY-BOSCA
Avec: Le corps de Jean-Louis BORLOO, Béatrice SCHONBERG, Nicolas SARKOZY...
Je suis déjà loiiiin...
14:45 Publié dans Monde de drogués | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Louis Borloo, politique, élections législatives
19.02.2007
Petit militant deviendra candidat

Marty McFly: Dooooooooooooc! Doc! On a un problème! Le microcosme politique français est sens dessus dessous à deux mois des présidentielles! Ah j'vous jure c'est pas le pied!
Dr. Emmett Brown: Nom de Zeus! Marty, grimpe dans la locomotive à voyager dans le temps, il faut absolument qu'on règle ça au plus vite! C'est dommage que tout dérape ainsi, on s'était bien amusés pendant les deux mandats de Jacques... C'est sans doute dû à une modification bipolaire du métabolisme des électeurs qui...
Marty: Doc!
Emmett: Oh pardon excuse-moi! Il n'y a pas de temps à perdre! Allez viens Einstein/Copernic!
Einstein/Copernic: Waf!
Emmett: A quelle date dois-je régler le convecteur temporel?
Marty: Je sais pas trop, Doc. On commence par qui déjà?
Emmett: Ce petit bonhomme hongrois, là... C'est un Pygmée ou un Hongrois d'ailleurs, je ne sais jamais... Quel est son nom déjà?
Marty: Je sais pas, j'y connais que dalle en politique Doc!
Emmett: Mais si, tu sais, celui qui a envoyé Duhamel au goulag pour trahison des idées du parti!
Marty: Ah oui! Sarkozy! Nicolas Sarkozy! Il était dans la même promo que le grand-père de Biff à Nanterres dans les années 70!
Emmett: Je sais ce que nous allons faire! Nous réglons la machine pour nous propulser en 1975. Il devait avoir tout juste vingt ans à l'époque! Une fois que tu l'auras trouvé, tu devras à tout prix le convaincre d'arrêter la politique! Il ne doit en aucun cas rejoindre l'UDR! Je ne sais pas, tu pourrais peut-être lui dire d'entamer... une carrière de ballerine, ou VRP aussi... Ah non il serait trop petit pour le porte à porte. Mais peu importe les moyens, tu dois y arriver, l'élection présidentielle de 2007 en dépend! Et surtout méfie-toi, tu ne dois en aucun cas tomber sur quelqu'un de ta famille! Aie toujours à l'esprit que les McFly roulaient pour Giscard à l'époque...
Marty: C'est vous le doc, Doc! Au fait, z'auriez pas une photo de ce petit rupin histoire que je le reconnaisse parmi tous ces peigne-culs...
Emmett: Oh si bien sûr! Bon le cliché est un peu suri, mais c'était encore le développement à l'argentique à l'époque. Il ne devrait pas avoir trop changé, il paraît que les requins sécrètent une protéïne qui retarde considérablement les effets visibles de la vieillesse...
...Quelques périgrinations temporelles plus tard...
Emmett: Marty! Enfin tu es de retour! J'ai cru que tu avais oublié la pastille de plutonium nécessaire pour rentrer...
Marty: Vous faites pas de bile Doc! J'ai trouvé du polonium 212 dans un pub branché de la périphérie londonienne...
Emmett: Diantre! Londres dis-tu? Et Sarkozy, tu t'en es occupé?
Marty: Pas de problème Doc! Mais comme j'étais de passage en Angleterre, je me suis dit que je pouvais aussi faire quelque chose pour Thatcher... Mais ne vous en faites pas, y a aucun risque de rupture du continuum espace-temps, j'ai surveillé mes faits et gestes et mes arrières, et j'ai pu semer les trois agents du Siècle qui me suivaient en filant... à l'anglaise.
Emmett: Nom de Zeus, c'est une véritable conspiration! Mais alors, Sarko?
Marty: Ah ouais pardon, je lui ai dégotté un boulot pas loin de la place Beauvau dans un petit garage qui retape des vieilles bagnoles. Il lave les voitures et vue la dextérité avec laquelle il manie le kärcher, quelque chose me dit que ça lui plaît!
Emmett: Bien Marty! Viens donc avec moi au labo, je vais te faire goûter un hamburger de synthèse de ma préparation! Il va falloir que tu reprennes des forces, il y a encore beaucoup de faux pas à rectifier dans le passé! Prochaine étape: Marie-Ségolène!
01:10 Publié dans Delirium tremens, Méli-mélo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, UDR, Elections présidentielles, Retour vers le futur, politique, UMP, droite
