02.04.2008
Chine: Jeux Olympiques ou tyranniques?
La flamme est partie pour faire son tour du monde après avoir transmis son feu au brasier olympique juste devant la Cité Interdite. Dans quelques mois, pendant l’été, se dérouleront donc les 29èmes Olympiades à Pékin, en Chine. Une manifestation sportive et humaniste qui se voit de plus en plus controversée, le pays hôte et les valeurs olympiques ayant réputation d’être opposés. Avant que l’événement sportif ne commence, il est important, je pense, de revenir sur les points principaux qui excitent les commentateurs internationaux, et sur les perspectives d’avenir possibles pour le pays de feu Mao.C’est le cas notamment d’un jeune homme, cloîtré chez lui depuis mai 2007 pour avoir commis un crime atroce : il a osé diffuser sur Internet un résumé des commémorations de Tienanmen. La machine de censure chinoise a moyennement apprécié son geste « anti-social » et le jeune homme est privé de sorti et voit des gardes de la SSP (la police spéciale chinoise, en gros l’équivalent d’organismes philanthropes comme la Stasi ou le KGB) patrouiller nuit et jour sous sa fenêtre.
Reclus entre ses quatre murs, il a filmé la vie extérieure avec une caméra, voyant les gardes dans la rue, ou les observer prendre en filature sa petite amie, à l’aller et au retour de son travail (cette femme est, petite précision, elle aussi assignée à résidence maintenant). Le prisonnier n’est cependant pas complètement coupé du monde ; il a une connexion Internet… ultra-surveillée et avec laquelle il ne faut pas espérer donner suite aux requêtes comme « liberté », « démocratie », si on les tape sur Google. Signalons au passage l’acte de fieffé collabo de Yahoo, qui a transmis aux autorités chinoises les coordonnées d’un internaute qui aspirait un peu trop à fouler une terre libre… Condamnation à 8 ans ferme.
Mais revenons à notre détenu à domicile. La deuxième raison pour laquelle il garde encore quelques contacts est qu’une loi oblige le gouvernement chinois à laisser les reclus dans son cas avoir des échanges avec des journalistes étrangers. Mais une fois la visite terminée, le journaliste est soumis à un méticuleux interrogatoire des membres de la SSP. Une liberté de la presse intègre.
Ce jeune homme a récidivé avec défiance en participant à une réunion à Bruxelles par webcam pour dénoncer les problèmes en Chine et il a cette fois-ci été incarcéré à la vieille méthode. On comprend qu’il est vital de museler tous les éléments perturbateurs à l’approche des JO.
En attribuant les jeux, le CIO a fait un pari couillu : on donne les JO à la Chine, et elle honore sa part du deal en faisant des progrès en matière de droits humains. Naïveté ? Excès de confiance ? Quelle est la définition des droits humains en Chine avant tout? Entre 2001 et aujourd’hui, la situation n’a pas vraiment bougé. La ligne d’argumentation du CIO est aujourd’hui de laisser venir, laisser faire, que les progrès vont venir.
Certes, les JO peuvent apporter du bon. Mais aussi du mauvais. Et dans un régime comme la Chine beaucoup de mal. De nouvelles infrastructures, mais pour combien de paysans expropriés ? Un pays avec des villes clean et bien famées, mais pour combien de clochards et de prostitués emprisonnés ? Bref, Hu Jintao va certainement se frotter les mains ainsi que les dirigeants provinciaux, mais les classes sociales défavorisées risquent de bien raquer.
Quid de l’Europe et des Etats-Unis ? On sait qu’Angela Merkel s’engage beaucoup mais comme d’autres elle n’est pas favorable au boycott, qui pourtant pourrait être un symbole. Mais les boycotts précédents n’ont eu qu’une portée symbolique selon les détracteurs de la méthode et ne truanderaient que les sportifs, hors de question pour d’aucuns de salir l’image canonique des Jeux. Que fera Sarkozy, se demandent les Français. Le pauvre va se retrouver avec les couilles dans un étau, en pleine présidence de l’Union Européenne à ce moment-là.
S’il agit en bon toutou de Bush, il saura que son maître n’est plus celui du monde comme naguère, que les Chinois (annoncés comme le « péril jaune » il y a une cinquantaine d’année) sont entrés en scène. Croissance à 12 %, des tonnes de devises américaines dans leurs coffres, une population importante, tout cela conduisant à une influence politique considérable (qui aurait suffi à refroidir les mouvements de résistance au Myanmar).
La Chine pourra toutefois conserver une inertie dans l’amélioration (en fard de la réalité) qu’elle apporterait éventuellement après ces jeux. En effet un nouvel horizon proche se profile : l’exposition universelle de Shangaï 2010. Quant à un vrai changement en Chine, si l’on doit en observer un de caractère mélioratif, il n’interviendra sans doute pas avant 30 ou 40 ans…
13:48 Publié dans Monde de drogués | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, pékin 2008, jeux olympiques, jo, analyse
02.02.2007
La seconde de Perf
"Si la connerie n'est pas une discipline des Jeux Olympiques, c'est parce que même en mettant des handicaps à certains participants, et en faisant autant de tours éliminatoires envisageables, on n'arriverait jamais à désigner un vainqueur."
Moi
10:02 Publié dans Méli-mélo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Citation, connerie, JO
