01.05.2008

"Bouddha s'est effondré de honte"

1391606166.jpgA l’heure où certains veulent suivre l’exemple déplorable de Bush en envoyant des troufions en Afghanistan par camions entiers pour y instaurer la saine dictature du capitalisme moderne, d’autres essaient de voir ce conflit avec beaucoup plus de recul et essaient d’en deviner les conséquences dont l’avenir dépendra sans doute.
C’est le cas d’Hana Makhmalbaf, une jeune réalisatrice iranienne de 19 ans, qui malgré son jeune âge, offre une vision intelligente et juste du conflit en Afghanistan et des externalités négatives induites par la guerre en général dans Le Cahier. Avec une réalisation très sobre mettant en scène de très jeunes acteurs, qui confèrent donc aux personnages tout le naturel requis, elle conte l’histoire de la jeune Bakhti, un petit bout de chou de six ans qui aimerait bien, tout comme son copain Abbas, savoir lire et écrire pour apprendre des histoires drôles afin de se détacher de la fadeur de la réalité.

Cette petite gavroche part alors bille en tête avec l’idée d’acheter un cahier pour pouvoir aller à l’école et s’instruire. Le problème, c’est que quand on fait partie d’une petite communauté troglodyte nichée sous les ruines d’une statue de Bouddha détruit par les Talibans, l’achat d’un simple cahier s’avère être une épreuve à cause de la pauvreté omniprésente.
Hana Makhmalbaf montre donc une misère, mais tout en gardant une certaine pudeur, en montrant des hommes et des femmes sachant vivre avec le strict minimum et qui arrivent malgré tout à être heureux en vivant leur vie aussi simple soit-elle.

Toutefois, la réalisatrice met l’accent sur l’importance de l’éducation, pivot déterminant pour les enfants issus de ces populations. S’ils veulent pouvoir rêver à travers les mots, ou tout simplement connaître autre chose que la vie prosaïque des montagnes afghanes, ils ne peuvent trouver ce salut que dans l’apprentissage.
Mais le film porte sur un constat bien plus inquiétant encore que le taux d’analphabétisation ; il traite de l’inquiétant mimétisme dont font preuve les enfants vis-à-vis de leurs aînés engagés dans les combats contre l’ « envahisseur » américain. Ainsi voit-on une bande de jeunes enfants armés de bouts de bois et de ficelles figurant les instruments de mort des soldats organiser l’enlèvement des fillettes impies puis un simulacre de leur lapidation. 

Hana Makhmalbaf fait donc part de son pessimisme quant à la situation : elle a peur, et à raison, que ce jeu auxquels se livrent les enfants et qui leur paraît si trivial ne les transforme en soldats des armées de demain. Elle a peur pour l’avenir de son pays, pour lequel les enfants sont justement les légitimes représentants. On voit ici toute la bêtise des adultes qui façonne à grands coups de marteau la glaise malléable que constitue leur progéniture, ces enfants qui dès leur plus jeune âge sont imprégnés d’une culture belliqueuse et religieuse dévoyée, et où la femme n’est qu’une servante de l’homme qui doit évoluer dans la société à visage couvert.
Le film regorge également de scènes symboliques tançant les problèmes d’intégration à la société, de ségrégation sexuelle, etc…

En bref, avec un premier film d’une telle trempe, sans aucune prétention et comptant uniquement sur la coopération des enfants qu’elle filme, cette jeune réalisatrice peut être promise à un bel avenir.

01.04.2008

There will be blood

1478123491.jpgIl est amusant, en ces temps incertains et enjoignant au pessimisme justifié, de se pencher sur la sortie de There Will Be Blood. En effet, au moment où toutes les ouailles présentes à la grande messe de l’économie s’agenouillent devant un baril de pétrole qui a dépassé le seuil critique des 100 $, Paul T. Anderson (à ne pas confondre avec son ganache d’homonyme, dont les attributs le rapprochent plus de Uwe Boll que d’un réalisateur digne de ce nom) nous gratifie d’une fresque prenant place au début du siècle dernier, à cette époque où les concessions vierges de tout forage étaient encore nombreuses et où la spéculation dormait encore paisiblement.

 

Etayée par une réalisation qui va droit à l’essentiel, l’histoire de Daniel Plainview est construite sur des antagonismes et sur le déclin psychologique et moral du personnage. On y observe des liens entre un homme et son fils adoptif où la frontière entre amour et rapports entre associés devient floue. H.W. Plainview, inconscient dans sa jeunesse du caractère non biologique de son père, partage des moments de complicité avec ce dernier et le spectateur peut se voir trompé par l’apparente harmonie entre les deux êtres. La poudre dissimulatrice est alors à un moment donné ventilée et apparaît alors la vraie personnalité de Daniel que l’on soupçonnait déjà ; on le connaissait déterminé, mais il se révèle en outre misanthrope et totalement dévoué à la réalisation de son profit personnel.

Loin de vouloir changer sa ligne de conduite, il parvient à tromper son entourage et use de toute sa ruse pour arriver à ses fins, doit-il pour cela se ridiculiser et adhérer à la doctrine religieuse. Adhésion qui n’en a bien évidemment que le nom.

 

Car voilà le deuxième point fort du film de Paul T. Anderson : ce sont bien deux religions qui s’opposent, celle de l’or noir dont Plainview est le parfait chantre, et celle de l’Eglise de la Troisième Révélation, résumée dans le personnage du jeune prêcheur Eli. Le réalisateur génère alors une critique habile de la religion, en n’élevant pas Eli au statut de messie opposé à la perfidie du pétrolier, mais en le rabaissant à un niveau égal sinon inférieur, le jeune prédicateur cherchant à bénéficier de l’afflux d’argent drainé par Plainview en vue de renforcer son Eglise et ainsi asseoir confortablement son dogme avec l’assentiment de ses prosélytes. Un jeu du « qui baise qui » en somme ; mais dont les actes convergent vers l’accomplissement de la sacro-sainte prophétie des billets verts. Tous les moyens sont bons pour amasser le pognon, ainsi tout comme Daniel Plainview se sacrifie à un baptême qui tient plus lieu d’exorcisme, Eli se résigne à renier son Dieu.

 

La dégringolade du grand investisseur est alors on ne peut plus logique ; son cynisme et son antipathie exacerbés mêlé à son désir grandissant et dévorant l’entraînent dans une folie non contenue, qui croîtra concomitamment à l’extinction de ses vestiges d’humanité. L’homme, désespérément seul dans sa quête égoïste, retrouve sa solitude après avoir congédié ses relations, qu’il aura au préalable pris soin de sciemment démanteler à ses fins. Adressons à l’occasion un coup de chapeau à Daniel Day-Lewis (qui donnait déjà des leçons d’interprétation en incarnant Bill le Boucher dans Gangs of New York) qui parvient parfaitement à discerner le juste milieu de son rôle complexe.

 

There Will Be Blood dénonce donc avec maestria l’opportunisme sous toutes ses formes, n’attribuant ni raisons ni torts aux différents protagonistes, évitant ainsi l’écueil manichéen. Il n’est question ici que de croyances et d’objectifs inlassablement poursuivis, sous un regard qui façonne l’impasse dans laquelle s’est engouffrée notre économie contemporaine.   

03.01.2008

Hitman

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On ne l’ignore pas, les adaptations de jeux vidéo au cinéma ont souvent mauvaise presse. De nombreux exemples jalonnent l’histoire cinématographique pour le démontrer. Seul peut-être Silent Hill, de Christophe Gans (et qui avait malgré tout encore été l’objet d’avis très mitigés), sortait de cette médiocrité patentée.

En cette fin d’année 2007, c’est donc sans grandes exigences que l’on découvre Hitman, l’adaptation du jeu éponyme ayant déjà sévi par quatre fois sur nos consoles et PC.

L’histoire reprend donc les grosses ficelles tressées par le jeu : un tueur anonyme uniquement distingué par son matricule, Code 47, et appartenant à une organisation secrète sobrement appelée… l’Organisation, honore des contrats d’assassinats pour différents clients. Pas de film sans embrouille, donc notre tueur au code barre se voit embarqué dans un petit imbroglio.

En guise d’articulations de ce scénario basique, le réalisateur reprend toutes les subtilités qui servaient le gameplay du jeu : usurpation d’identité, roublardise ou bien au contraire la technique du « je tire d’abord et je négocie ensuite ».

Autant le dire tout de suite, le film joue dans le très convenu. On se rappelle même un film de Michael Caton-Jones jouant sur les mêmes plates-bandes vieux de bientôt dix ans : Le Chacal.

Remplacez donc Richard Gere par Dougray Scott (le vilain pas beau du non moins vilain pas beau Mission : Impossible 2) et Bruce Willis par Timothy Olyphant (encore un vilain pas beau, mais cette fois-ci dans Die Hard 4). Des fusillades, des gentils, des méchants, une pincée d’amour pour un soupçon d’érotisme… la même chose on vous dit. A ceci près que Matrix est passé par là et que la réalisation a un peu évolué, avec des scènes d’actions un peu plus travaillées, mais rien qui ne sorte des profondes ornières du conventionnel.

Reconnaissons la performance honnête de Timothy Olyphant qui campe un assassin froid et stoïque, sans pour autant traverser l’écran.

Au final, avec de vieilles recettes, une réalisation moyenne et des acteurs satisfaisants, Hitman se fond dans la grande masse des films du genre. On n’a certes pas à faire à un film qui marquera les annales des salles obscures, mais on a vu bien pire tout de même. Ouf, on peut encore espérer.

07.09.2007

"I'll be back" Arnold Schwarzenegger, Terminator, 1984

Vous me croyiez morts? Hélas, ou fort heureusement, c'est selon, je suis bel et bien là (et las), végétant quelque part devant un ordinateur ou scrutant vos moindres faits et gestes dans la rue. Observer avant d'agir, telle est ma devise canonique.

Après quelques déboires pour cause de boulot/emménagement/reprise des études, je ne souffrais que trop du manque de temps, de motivation et d'occasion (et de connexion internet surtout) pour nourrir ce blog de pensées colorées et pertinentes. Je fais alors mon retour dans cette blogosphère semblable à un moulin de campagne, pas besoin de frapper pour entrer.
Et comme je n'ai - toujours - pas d'événements passionnants à relater en ces quelques lignes, je parlerai donc des deux derniers films que j'ai vus. On se réintègre comme on peut...

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Le premier s'intitule 100 Girls. Je souhaitais faire un billet court et ce film me rend un grand service tant sa substance est peu consistante. Au vu du titre, les plus perspicaces d'entre vous, chers lecteurs intelligents et éveillés, pourront aisément déduire que le film appartient à l'espèce de ces longs-métrages calibrés pour un public teen.
C'est d'ailleurs tout à fait ça. Prenez un pauvre gars pommé et frustré de la turgescence qui un soir pénètre dans l'internat des filles du campus et profite d'une providentielle panne de courant pour tremper le biscuit dans la coupe parfumée d'une des pensionnaires... sans en connaître le visage.
Voilà donc que notre héros fraîchement dépucelé part à la conquête de son Graal érotique, sa Madeleine de Proust du zizi, pour bien évidemment renouveler l'expérience de la sainte éjaculation transcendantale.
Le principe de base est intéressant, mais la suite n'est qu'un ersatz d'American Pie, avec des gags certes drôles, mais le rythme étant très maladroitement orchestré, on s'ennuit. Mention spéciale tout de même aux dialogues débordant de métaphores sur la bête qui est sortie de notre côte un beau matin... Un bon petit divertissement, à la condition sinne qua non de ne vraiment rien avoir de mieux à faire.

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Le second film a plus retenu mon attention.
Mettant en scène le célèbre Jean Dujardin qu'on ne présente plus après la déferlante Brice de Nice, Bienvenue chez les Rozes est un film surprenant à bien des égards. MG et son acolyte sont tous deux en cavale après s'être fait la belle lors d'un transfert de prison, et le destin veut que le tandem fuyard atterrisse dans une maison habitée, comme le titre le laisse entendre, par les Roze. Le simulacre ne dure guère longtemps et leur identité de hors-la-lois est bien vite découverte. Cependant, au lieu de les livrer simplement à la police comme l'exige l'éthique de notre belle société sarkozyste, les Rozes se font les complices des deux malfaiteurs.
Frappés du syndrôme de Stockholm dans une version exacerbée, ils n'hésitent pas à tuer oncle et boniche pour assurer un confort tout à fait incongru à leurs hôtes-ravisseurs.
Entre les dialogues, le jeu d'acteur et la mise en scène, se glisse un renversement de la situation, MG et son jeune ami (campé par Lorant Deutsch) se retrouvent otages de cette famille décidément très singulière: entre une fille nymphomane, un oncle hippocondriaque et des parents légèrement atteints, braqueurs comme spectateurs n'ont qu'à bien se tenir!

 

23.07.2007

Cinéma: les jeux sont faits...

En matière d'adaptation de jeu vidéo au cinéma, on a rarement été gatés: entre Mortal Kombat (berk), Street Fighters (reberk), Super Mario Bros (ultramegaberk) et autres Tomb Raider ou Resident Evil (j'arrête partez pas!), ça a été un beau fiasco. Seul Silent Hill tirait son épingle du jeu en étant correct.
Le 18 juillet dernier est sorti Dead or Alive, adaptation du jeu de combat de Tecmo. Je ne l'ai pas vu mais honnêtement je n'en attends pas beaucoup... On a appris à être cléments avec tout ça aussi il faut bien le dire.
Mais penchons-nous sur l'avenir, car moultes autres adaptations sont en chantier. Petit tour d'horizon.

On ouvre le bal avec Devil May Cry, dont on connaît finalement peu de choses: ni nom de réalisateur, ou ceux d'acteurs, nada. Une série télé devrait cependant voir le jour cette année au pays du soleil levant.
Ensuite, direction les plaines du Japon médiéval avec Onimusha. On retrouvera Takeshi Kaneshiro sans doute dans le rôle du samouraï Samanosuke Akechi, à qui il avait d'ailleurs prêté ses traits dans les premier et troisième jeux. On aurait bien aimé le voir donner la réplique à notre Jean Reno national qui prenait la place de guest dans Onimusha 3. Derrière la caméra on retrouvera Christophe Gans.
Ce qui nous amène tout logiquement à parler de Silent Hill 2, Gans ayant réalisé le premier. On ne sait pas trop si le réalisateur du Pacte des Loups va reprendre les commandes, mais il sera très proche du projet.
Toujours dans la transition, on notera qu'avant de renouer avec les ruelles suintantes de la ville noyée dans le brouillard, le scénariste de Silent Hill est allé épauler Roger Avary pour adapter Driver, le jeu qui nous apprenait à devenir un cador du volant...
Ca fait beaucoup, mais ce n'est pas fini, puisque après avoir vu filtrer des noms tels que Peter Jackson ou Guillermo del Toro, la réalisation de Halo, le hit planétaire de Bungie, se voit finalement confiée au puceau Neill Blomkamp, à qui l'on doit ceci.

On clot en beauté cette prospective de futures adaptations (bouzes?) par l'arrivée prochaine de Metal Gear Solid sur les écrans. Enfin! Tout comme pour DMC, pas de réalisateur désigné, on ne sait pas qui incarnera le légendaire Snake, et l'on espère secrètement que Hideo Kojima, géniteur de la saga, s'impliquera dans le projet.
Tout ceci devrait arriver dans le meilleur des cas cette année et s'étaler sur une période d'au moins trois ou quatre ans. D'ici là prions pour que nos avatars de pixels ne subissent pas une humiliation de plus dans les salles obscures.

16.07.2007

Take me to your dealer

Oui, je vous vois tous venir avec vos protestations d’internautes aigris. J’avais dit que je ferais des podcasts audio (oui j’aime les pléonasmes), mais principalement ne signifie pas exclusivement. Et comme le sujet qui nous passionne aujourd’hui est une critique de 3 DVD et que je veux dire des choses clairement sans bafouiller comme une otarie moldave, l’art scriptural me semble plus approprié. Désolé pour les quelques filles qui se tripotaient en écoutant ma voix de Don Juan.

Qu’est-ce donc que ces trois fameux DVD ? Il s’agit d’une trilogie réalisée par Nicolas Winding Refn. Ca n’éclaire pas votre lanterne ? Je me charge d’apporter un peu de lumière dans votre triste inculture. NWR (nommons-le ainsi) est un réalisateur danois. Oui, on s’en bat un peu les cacahuètes ; ça ne nous dit toujours pas le nom de cette cabalistique trilogie qu’est Pusher.
Voilà, ça c’est fait. Comme c’est une trilogie, les trois volets vont évidemment graviter autour d’un thème commun : le quotidien de la pègre et le marché de la drogue. La nationalité du de NWR n’est pas si anodine que ça puisque toute l’intrigue se passe dans les murs de Copenhague.

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Commençons sans plus attendre, maintenant que les fondations sons posées et que la dalle est sèche, avec Pusher premier du nom. Franck, une petite frappe de la ville, se charge de dealer pour Milo, le trafiquant du coin. Accompagné de son acolyte Tonny, il est chargé de procéder à un échange qui tourne mal. Incapable de régler sa dette auprès de Milo, il devra essayer de survivre dans un monde incertain…

Le premier réflexe que l’on a en regardant le film, c’est de penser à Michael Mann, un des fervents pratiquants du tournage caméra à l’épaule. C’est donc en général assez bien tourné même si la mise en scène n’a rien de révolutionnaire. Cependant les choix de narration sont intéressants : non pas se cantonner sur la partie émergée de l’iceberg comme peuvent le faire les films d’action classiques, Pusher nous fait pénétrer dans le quotidien de ces hommes ayant un rapport étroit avec la drogue. On surprend donc des conversations telles que le dernier plan cul raconté dans les moindres détails, ou d’autres échanges que l’on peut très imaginer dans le microcosme des camés.
Ca nous donne du coup l’impression de suivre Franck un peu partout dans ses déplacements, d’être derrière lui comme un surveillant invisible. Tantôt avec lui dans le lit de sa copine, ou dans la rue en proie au désoeuvrement ou à la dépravation, on partage sa vie.

Le film montre à quel point choisir la mauvaise route peut être pernicieux ; la loyauté mafieuse assure la pérennité, mais si quelque chose cloche, toutes les attaches tombent et les amis deviennent ennemis. NWR s’intéresse aux liens humains que les protagonistes essaient de tisser malgré leur situation scabreuse, et l’on s’amusera de voir Franck débarquer chez sa mère pour mendier quelques couronnes…
Le reste relève du conventionnel ; la violence est de la partie, la cocaïne est sniffée par centaine de rails, les pétards se consument, et l’héroïne débauche.

En résumé, si GTA avait été un film, il se serait appelé Pusher. Son histoire en fait presque un docu-fiction sur le petit trafiquant bas de gamme qui vit des missions qu’on lui confie. Seulement le film souffre d’un problème de rythme ; très inégale, la progression donne une alternance de scènes de tension forte et de passages un peu longuets. Intéressant, mais pas vraiment passionnant.

 

Avec Pusher 2, sous-titré Du sang sur les mains, NWR s’intéresse cette fois-ci à Tonny, le skinhead compère du mystérieux disparu Franck (auquel une allusion très succincte est faite à un moment). Incarcéré on ne sait trop comment, on rejoint Tonny lors de sa libération. Avant de poursuivre, précisons tout de même que c’est Mads Mikkelsen qui lui prête ses traits, autrement dit le Chiffre, le banquier très calculateur de Casino Royale. L’ex tôlard revient donc se blottir sous l’aile de son père, dit le Duc (NWR fan de The Big Lebowsky ou NY 1997 ?), en fils prodigue. Pour regagner la confiance paternelle, il devra faire ses preuves. Mais c’est sans compter son caractère instable qui fait de lui un électron libre au sein de la mafia danoise et surtout son père qui ne peut le considérer sans circonspection. De petits plans en grandes embrouilles, Tonny s’embarque malgré lui dans une spirale infernale. Il lui faudra bien choisir ses amis, préserver la confiance altérée de son baron de la drogue de père, et essayer d’être un bon père lui-même en s’occupant du mioche qu’il a fait à la péripatéticienne du coin.

La recette est toujours la même pour cet épisode : on s’immisce dans la vie de Tonny et on le regarde sombrer en plus de rester embourbé dans les affres de la drogue. Dialogues toujours aussi crus, scènes brutes de décoffrages. Les relations de confiance et les coups tordus sont toujours au rendez-vous, cependant la sauce prend mieux là où le premier s’était dégonflé comme un soufflé au fromage. Peut-être est-ce dû à la prestance de Mikkelsen ou bien à une réalisation plus mature (huit ans séparent le premier du second volet). Ce n’est pas encore parfait, mais Pusher 2 comble certaines lacunes, notamment d’enchaînement, accusées par son prédécesseur. Le problème est que l’on a un peu l’impression de revivre l’histoire de Pusher avec un casting différent ; il est toujours question de dette à honorer (morale ou pécuniaire) et l’on aurait aimé un changement dans l’approche du sujet. On nous livre juste une amélioration, bienvenue tout de même.

 

Enfin, Pusher 3 : l’Ange de la Mort donne le rôle clé à Milo, omniprésent dans la saga. Après une période d’errance chez les drogués anonymes pour tenter une désintoxication, le trafiquant serbe n’en a pas pour autant abandonné sa besogne de dealer. Après qu’on lui ait fourgué des pilules d’extasy au lieu de son habituelle poudre, et comme un malheur n’arrive jamais seul, après s’être fait dupé par un de ses coursiers, Milo rentre dans une colère folle et entreprend un chemin de croix très vindicatif…

NWR monte encore la barre d’un cran pour cette ultime séquelle, mais on peut lui reprocher un conservatisme trop ancré, car sa démarche reste inchangée. On ne change certes pas une recette dont le goût s’intensifie à force de pratique… D’autant plus que, suivant logiquement la voie dégagée par Pusher 2, Pusher 3 se veut encore plus psychologique. Ecartelé entre sa responsabilité de père de famille qui marie sa fille et ses soucis de fripouille à qui l’on vient de voler quelques dix milles pilules bleues, tout cela surmontée de son envie plus ou moins sincère de décrocher, Milo développe une légère schizophrénie.
Le tout donne un côté assez intéressant, et Milo semble être, sous ses airs bourrus et patibulaires, le plus humain des personnages. Hélas, on reste encore trop proche des deux autres films, on a l’impression de faire face à une œuvre que l’on gomme sans cesse pour la faire évoluer tout en ne trahissant pas ses principales circonvolutions.

 

En conclusion, Pusher est un projet assez ambitieux et qu’il faut voir. Nonobstant, il est difficile de trouver de la complémentarité entre les différents films, et l’on se demande s’il n’aurait pas été mieux de faire un unique film plus abouti plutôt que trois qui finalement peuvent être qualifiés de faux triplés… Certes la qualité est croissante, mais le sentiment de déjà vu d’un film à l’autre est frustrant. Mais pour les dialogues, l’aspect docu-fiction et le côté intime des scènes de vie quotidienne et l’intégrité d’un récit sans tabou, cette œuvre vaut le coup. Même s’il semble difficile de s’échapper des griffes de la drogue, que l’on ait un rapport direct ou lointain avec elle, tous ses accros n’en restent pas moins des hommes avec une ébauche de vie, malgré le fait qu’ils soient amené à tuer pour survivre. Une métaphore de la loi du plus fort, plaisante, mais trop maladroite pour comparer le cinéma de NWR à celui de Scorsese comme certains l’ont fait. Un sous Scarface, pour faire simple.

12.07.2007

McLane chez les geeks

520981aac57863426a8f4eac8bb90b10.jpgEt hop, encore une saga qui se rallonge après des années d’absence ! Ce genre d’exhumation peut donner des résultats divers : le pire (Terminator 3, l’hérésie de Jonathan Mostow) comme le meilleur (Rocky Balboa). Alors, quid de Die Hard 4: Retour en enfer ? Premières constatations, avec le nouveau look de Bruce Willis, le super policier McLane a subi une petite calvitie. Mais heureusement, il a toujours une corde humoristique à son arc qui lui fournit un réservoir de répliques sympas.

Cette fois-ci, John affronte un ennemi beaucoup plus insaisissable qu’auparavant, puisqu’il commet ses vilains forfaits par le biais de l’outil omnipotent en matière d’information et de communication : Internet. Au niveau du scénario, on a déjà vu venir le gusse de loin tout nimbé de machiavélisme ; une vieille rancœur qui le pousse à vouloir paralyser les Etats-Unis en mettant le dawa dans la Bourse, les services publics, les transports… bref, c’est pas joli. Heureusement, McLane reste toujours soumis à cette bonne vieille loi de Murphy (vous savez la chute de la tartine beurrée…) et se retrouve embringué bon gré mal gré dans de nouvelles tribulations.
On sait notre bon flic de New-York de la vieille école, et il nous a maintes fois prouvé son évidente maladresse avec la technologie. Ainsi pour lutter contre les cyber-criminels qui veulent tout faire péter s’est-il cette fois-ci entiché d’un nerd, un side-kick qui lui sera bien utile car il sera le cerveau aux commandes de la machine bien huilée (même si un peu grippée avec les années…) qu’est McLane.

Et le méchant dans tout ça ? Eh bien pour une fois, il n’est pas allemand ! On commençait à croire que la saga Die Hard faisait du ségrégationnisme… Non, cette fois c’est un méchant banal, si ce n’est qu’il est sans doute sorti du cursus universitaire avec un doctorat en informatique et sa licence indispensable de méchant. Dans tout ça on a oublié de lui inculquer le charisme (dommage pour un type censé incarner Code 47 en fin d’année…). Alan Rickman a laissé un grand vide…

Alors, ça a l’air de faire recette tout ça non ? Eh bien, c’est assez mitigé. On sourit quelquefois pour les petites piques destinées à l’administration Bush (« les secours ont mis cinq jours pour arriver à la Nouvelle-Orléans ») ou bien au manque sérieux d’ésotérisme culturel de McLane (« Vous êtes fan de Boba Fett ? »  « Non moi c’est plutôt Star Wars »…). Et bien sûr, au-dessus de tout cela flotte allègrement le spectre du 11 septembre, avec d’ailleurs la simulation de la destruction de la Maison Blanche assez osée… L’équipe de scénaristes opportunistes peut dire merci à Oussama.
Là où le bât blesse, car oui il y a un léger souci, c’est que n’est pas McTiernan qui veut, et Len Wiseman enlève le charme qui faisait d’un film un Die Hard. Non pas que ce soit tout pourri, mais il est assez fatiguant de voir tous ces films tendance new wave avec de l’action rocambolesque qui finit par ennuyer plus qu’elle ne divertit. Les trois premiers épisodes n'étaient pas franchement réalistes non plus, mais cette quatrième sortie est un peu trop unleashed… Cela reste toutefois sympathique, mais on a perdu quelque chose en route.

Die Hard 4 est un film d’action qui se fond donc dans la masse de ses semblables. Sans être d’une qualité exceptionnelle mais qui ne mérite toutefois pas d’être honni, il reste un film regardable. Quant à savoir s’il mérite le label Die Hard… pour la musique peut-être. Allez, yeepikai les zamiches! :-)

05.05.2007

Welcome to Hell!

medium_fond.10.JPGDernièrement, j'ai essuyé une grosse déception après être allé voir Spiderman 3 au cinéma. Cependant, Sam Raimi est un réalisateur que j'apprécie beaucoup, et il aurait été dommage de le bouder pour une erreur de parcours, aussi grossière fut-elle. 

C'est alors que, m'engageant sur la voie de la réconciliation, je décidai de renouer les liens avec le premier film de l'ami Sam ; Evil Dead.
Evil Dead donc, est sans contexte l'un des films les plus remarqués du cercle de la cinématographie de l'horreur, non pas parce qu'il en est le pionnier (les films de Lucio Fulci ou de H.-G. Lewis l'ont précédé), mais parce qu'il amène une nouvelle vision de l'horreur. C'est ainsi que l'on prend connaissance de la maturité d'un réalisateur en avance sur son temps. Les différents mouvements de caméra, les plans originaux définissent une manière réellement novatrice de filmer.
Nous sommes, au moment du tournage de Evil Dead, à cheval sur la fin des années 70 et le début des années 80 ; les effets spéciaux peuvent donc à l'heure actuelle en faire rire plus d'un, incubés à la sauce hollywoodienne du XXIème siècle.
Il me semble alors essentiel de rappeler que Sam Raimi était âgé de seulement 19 ans quand le projet Evil Dead est né. Le réalisateur émergeant n'avait donc logiquement pas accès à un budget aussi gonflé que par exemple George Lucas à la même époque. D'ailleurs, Sam Raimi sera tellement contraint par les difficultés financières qu'il tournera Evil Dead 2: Dead dy Dawn pour concrétiser véritablement tous ses délires, dans un film à prendre non pas comme une suite du premier mais comme un remake, un relifting.

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Le schéma classique des histoires de teenage horror movies actuels doit beaucoup à Evil Dead. Cinq jeunes reclus dans une cabane au coeur de la forêt, un magnétophone et un livre démoniaques, des forces maléfiques délivrées de leur prison tellurique séculaire... Banal mais cruellement efficace. Surtout quand c'est à un petit génie qu'on confie la caméra, et que Bruce Campbell fait partie des acteurs. Au risque de me répéter, c'est vraiment sur la réalisation et le montage que le film se détache du lot: ces petites séquences filmées caméra à l'épaule, les travelling tressautant qui poursuivent le personnage, et surtout des plans hallucinants qui auront bien servi à la saga Resident Evil et son système de caméras fixes. 

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Question inévitable: peut-on dire qu'Evil Dead effraie encore à l'heure actuelle? Eh bien même si les effets spéciaux sont risibles, le travail sur les visages des monstres est particulièrement soigné, et l'ambiance du film est suffisamment prenante pour saisir les nouveaux spectateurs aux tripes. Pour les connaisseurs, l'effet de surprise n'est évidemment plus de mise, mais le plaisir lui, est toujours bien là. Le film peut se découvrir sous deux niveaux de lecture différents: le premier réservé à la clientèle impressionnable, qui misera réellement sur l'horreur, et le second pour les psychopathes. Cette seconde approche consiste à savourer tout le côté second degré du film, avec toute son impudence, ses hectolitres de sang bleu, vert, noir, ses membres disloqués gigotant au sol et ses geysers d'hémoglobine sous pression. Les acteurs s'en prennent plein la tronche, au sens propre comme au figuré.
Petite parenthèse à ceux qui aiment ce côté humour diabolique, le troisième épisode de la saga est fait pour eux, il délaisse l'horreur littérale et fait d'Evil Dead 3: Army of Darkness l'épisode le plus barré et jouissif de la saga. Le plus abouti techniquement aussi, cela va de soi. 

Enfin, exclu pour certains, arlésienne pour d'autres, Evil Dead 4: Consequences devrait pointer le bout de sa bobine l'année prochaine, s'il n'est toutefois pas de nouveau pris au piège de la toile d'araignée de Peter Parker... 

16.04.2007

Le cinéma c'est bien...

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... surtout quand c'est à la fac et pour le prix de 3€!

Le cinéma, c'est toute ma vie. Bon c'est peut-être un peu exagéré, mais ayant un père exploitant de cinéma, il était logique que je grandisse dans le milieu des obturateurs et des larges écrans de toile. Mais l'heure de la retraite approche, et je la vois venir avec appréhension. Par sentimentalisme car c'est une partie de moi même qui va s'en aller, en espérant secrètement que la salle sera, au pire, réhabilitée en musée ou en centre de manutention EDF (!) et non pas rasée.
Par avarice aussi, parce qu'évidemment, 8€ la place quand on a érigé toute sa culture cinématographique à l'oeil, ça fait mal.

Heureusement, pour me préparer à ce sevrage douloureux, la faculté où j'étudie propose une alternative merveilleuse, son nom: Univerciné.
Ici, pas de superproduction hollywoodienne pour cerveaux lobotomisés ou de pseudo-fictions pour cinéphiles du dimanche imbibés de Coca Cola. Non, rien de tout cela.
A Univerciné, on a du goût. Films d'auteur, documentaires... C'est digne d'une programmation Art & Essais. Toutes les oeuvres étant bien évidemment en VOST, ne faisons pas les choses à moitié.
En plus, à Univerciné, on sait appâter le client, ou devrais-je dire l'esthète: une entrée à 3€, des personnelles charmantes, et avant chaque projection, un petit court-métrage qui met directement dans l'ambiance.

Avant le film, pour les plus intéressés, une présentation est faite du réalisateur, des buts recherchés ainsi que de l'histoire. Et quand en plus l'association se met à faire des débats d'après projection, là, c'est carrément Noël, car le mercredi soir, nous ne sommes qu'entre gens de bonne compagnie, cinéphiles avertis et amoureux du septième art.
Mais ce n'est pas tout! Non, une gazette Univerciné paraît chaque semaine avec des articles publiés sur les films à venir et des analyses diverses qui méritent d'être lues.
Le seul fait que l'on puisse reprocher à tout cela est que les sièges d'amphithéâtre ne valent pas les petits cocons moeltonnés des salles obscures, mais c'est si dérisoire comme gêne qu'on passe volontiers outre!

Votre serviteur dévoué va en tout cas se régaler puisque mercredi soir, il va poser son royal séant sur les chaises rudes pour aller voir La vie des Autres, de Florian Henckel von Donnersmarck, puis par la suite les deux derniers nés d'Eastwood ; Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima, plus encore quelques perles que j'omets...
Je déclare tout haut mon amour: oui! Univerciné, je t'aime!!

26.03.2007

Music & Lyrics

medium_nue.jpgTitre: Le Come Back (Music & Lyrics)

Réalisateur:  Marc Lawrence

Genre: Comédie romantique

Avec: Hugh Grant, Drew Barrymore

 

Revenir sur les devants de la scène après quelques décennies d’absence est souvent un défi de poids pour les artistes. C’est pourtant ce qu’a fait Michel Polnareff, après quelques trente ans passés à se faire dorer la pilule sous le soleil états-unien. C’est aussi ce que compte faire le protagoniste du dernier film de Marc Lawrence, Le Come Back (Music & Lyrics outre Atlantique). Mais après avoir fait hurler des milliers de jeunes filles en chaleur dans le milieu des années 1980, l’ex popstar ne parvient plus guère à fédérer un nouveau public sinon ces mêmes jeunes filles qui ont pris quelques centimètres et tailles de bonnets supplémentaires…
L’une de ses fans cependant, a marché sur ses traces et désire d’Alex Fletcher qu’il lui écrive un texte pour sa nouvelle chanson.Le séducteur Hugh Grant va donc trouver en Drew Barrymore (alias Sophie Fisher) une parolière improvisée…

Premières minutes de film, premiers éclats de rire. Dès le début, on sent la vague eighties nous submerger, et quand on se goinfre de Bee Gees, Beatles, ABBA et autres groupes rétro, c’est une bénédiction ! On ouvre avec plaisir nos esgourdes pour renouer avec ces sonorités surannées, les bons vieux synthés avant-gardistes de l’ère techno, et les rythmes entraînant qui font encore danser des troupes de fêtards dans les discothèques de bonne facture.
Au niveau visuel, c’est la chorégraphie qui impressionne et qui fait plus que sourire. Les déhanchés caricaturaux, et toute la pantomime des années disco sont là pour notre plus grand plaisir ! Le tube du groupe PoP !, Goes my heart, créé pour l’occasion, illustre tout à fait le côté kisch et totalement assumé du film. 

Concernant l’histoire en elle-même, elle n’échappe pas aux poncifs de ce genre de film : on sait déjà que Hugh et Drew vont batifoler, qu’à un moment ils vont se bouffer le nez, et qu’à la fin Drew va repasser à la casserole. Dans l’intervalle, on verra le lot de situations loufoques et de rebondissements plus qu’éculés qui font que Le Come Back rentre dans le moule des productions les plus classiques dans cette catégorie.
Et pourtant, on ne peut pas dire que le film soit mauvais. Il ne va certainement pas faire date dans l’histoire du cinéma, la faute à ce manque de singularité, mais Hugh Grant et sa coupe à l’hairgum, son pantalon trop serré et ses saillies du bassin valent vraiment le coup d’œil. Chose agréable, le film minimise les scènes de romance à deux balles, même si on sent arriver une demie heure à l’avance le baiser et tout ce qui s’en suit… 

Bref, vous l’aurez compris, le Come Back est une comédie romantique comme on en a toujours fait, mais l’ambiance rétrograde et le ton complètement assumé qu’il met en avant en font un film qui, non sans être indispensable, est fort sympathique !

Et rien que pour l’intro, ça vaut le détour !
D'ailleurs allez tiens... cadeau!