01.05.2008
"Bouddha s'est effondré de honte"
A l’heure où certains veulent suivre l’exemple déplorable de Bush en envoyant des troufions en Afghanistan par camions entiers pour y instaurer la saine dictature du capitalisme moderne, d’autres essaient de voir ce conflit avec beaucoup plus de recul et essaient d’en deviner les conséquences dont l’avenir dépendra sans doute.
C’est le cas d’Hana Makhmalbaf, une jeune réalisatrice iranienne de 19 ans, qui malgré son jeune âge, offre une vision intelligente et juste du conflit en Afghanistan et des externalités négatives induites par la guerre en général dans Le Cahier. Avec une réalisation très sobre mettant en scène de très jeunes acteurs, qui confèrent donc aux personnages tout le naturel requis, elle conte l’histoire de la jeune Bakhti, un petit bout de chou de six ans qui aimerait bien, tout comme son copain Abbas, savoir lire et écrire pour apprendre des histoires drôles afin de se détacher de la fadeur de la réalité.
Cette petite gavroche part alors bille en tête avec l’idée d’acheter un cahier pour pouvoir aller à l’école et s’instruire. Le problème, c’est que quand on fait partie d’une petite communauté troglodyte nichée sous les ruines d’une statue de Bouddha détruit par les Talibans, l’achat d’un simple cahier s’avère être une épreuve à cause de la pauvreté omniprésente.
Hana Makhmalbaf montre donc une misère, mais tout en gardant une certaine pudeur, en montrant des hommes et des femmes sachant vivre avec le strict minimum et qui arrivent malgré tout à être heureux en vivant leur vie aussi simple soit-elle.
Toutefois, la réalisatrice met l’accent sur l’importance de l’éducation, pivot déterminant pour les enfants issus de ces populations. S’ils veulent pouvoir rêver à travers les mots, ou tout simplement connaître autre chose que la vie prosaïque des montagnes afghanes, ils ne peuvent trouver ce salut que dans l’apprentissage.
Mais le film porte sur un constat bien plus inquiétant encore que le taux d’analphabétisation ; il traite de l’inquiétant mimétisme dont font preuve les enfants vis-à-vis de leurs aînés engagés dans les combats contre l’ « envahisseur » américain. Ainsi voit-on une bande de jeunes enfants armés de bouts de bois et de ficelles figurant les instruments de mort des soldats organiser l’enlèvement des fillettes impies puis un simulacre de leur lapidation.
Hana Makhmalbaf fait donc part de son pessimisme quant à la situation : elle a peur, et à raison, que ce jeu auxquels se livrent les enfants et qui leur paraît si trivial ne les transforme en soldats des armées de demain. Elle a peur pour l’avenir de son pays, pour lequel les enfants sont justement les légitimes représentants. On voit ici toute la bêtise des adultes qui façonne à grands coups de marteau la glaise malléable que constitue leur progéniture, ces enfants qui dès leur plus jeune âge sont imprégnés d’une culture belliqueuse et religieuse dévoyée, et où la femme n’est qu’une servante de l’homme qui doit évoluer dans la société à visage couvert.
Le film regorge également de scènes symboliques tançant les problèmes d’intégration à la société, de ségrégation sexuelle, etc…
En bref, avec un premier film d’une telle trempe, sans aucune prétention et comptant uniquement sur la coopération des enfants qu’elle filme, cette jeune réalisatrice peut être promise à un bel avenir.
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01.04.2008
There will be blood
Il est amusant, en ces temps incertains et enjoignant au pessimisme justifié, de se pencher sur la sortie de There Will Be Blood. En effet, au moment où toutes les ouailles présentes à la grande messe de l’économie s’agenouillent devant un baril de pétrole qui a dépassé le seuil critique des 100 $, Paul T. Anderson (à ne pas confondre avec son ganache d’homonyme, dont les attributs le rapprochent plus de Uwe Boll que d’un réalisateur digne de ce nom) nous gratifie d’une fresque prenant place au début du siècle dernier, à cette époque où les concessions vierges de tout forage étaient encore nombreuses et où la spéculation dormait encore paisiblement.
Etayée par une réalisation qui va droit à l’essentiel, l’histoire de Daniel Plainview est construite sur des antagonismes et sur le déclin psychologique et moral du personnage. On y observe des liens entre un homme et son fils adoptif où la frontière entre amour et rapports entre associés devient floue. H.W. Plainview, inconscient dans sa jeunesse du caractère non biologique de son père, partage des moments de complicité avec ce dernier et le spectateur peut se voir trompé par l’apparente harmonie entre les deux êtres. La poudre dissimulatrice est alors à un moment donné ventilée et apparaît alors la vraie personnalité de Daniel que l’on soupçonnait déjà ; on le connaissait déterminé, mais il se révèle en outre misanthrope et totalement dévoué à la réalisation de son profit personnel.
Loin de vouloir changer sa ligne de conduite, il parvient à tromper son entourage et use de toute sa ruse pour arriver à ses fins, doit-il pour cela se ridiculiser et adhérer à la doctrine religieuse. Adhésion qui n’en a bien évidemment que le nom.
Car voilà le deuxième point fort du film de Paul T. Anderson : ce sont bien deux religions qui s’opposent, celle de l’or noir dont Plainview est le parfait chantre, et celle de l’Eglise de la Troisième Révélation, résumée dans le personnage du jeune prêcheur Eli. Le réalisateur génère alors une critique habile de la religion, en n’élevant pas Eli au statut de messie opposé à la perfidie du pétrolier, mais en le rabaissant à un niveau égal sinon inférieur, le jeune prédicateur cherchant à bénéficier de l’afflux d’argent drainé par Plainview en vue de renforcer son Eglise et ainsi asseoir confortablement son dogme avec l’assentiment de ses prosélytes. Un jeu du « qui baise qui » en somme ; mais dont les actes convergent vers l’accomplissement de la sacro-sainte prophétie des billets verts. Tous les moyens sont bons pour amasser le pognon, ainsi tout comme Daniel Plainview se sacrifie à un baptême qui tient plus lieu d’exorcisme, Eli se résigne à renier son Dieu.
La dégringolade du grand investisseur est alors on ne peut plus logique ; son cynisme et son antipathie exacerbés mêlé à son désir grandissant et dévorant l’entraînent dans une folie non contenue, qui croîtra concomitamment à l’extinction de ses vestiges d’humanité. L’homme, désespérément seul dans sa quête égoïste, retrouve sa solitude après avoir congédié ses relations, qu’il aura au préalable pris soin de sciemment démanteler à ses fins. Adressons à l’occasion un coup de chapeau à Daniel Day-Lewis (qui donnait déjà des leçons d’interprétation en incarnant Bill le Boucher dans Gangs of New York) qui parvient parfaitement à discerner le juste milieu de son rôle complexe.
There Will Be Blood dénonce donc avec maestria l’opportunisme sous toutes ses formes, n’attribuant ni raisons ni torts aux différents protagonistes, évitant ainsi l’écueil manichéen. Il n’est question ici que de croyances et d’objectifs inlassablement poursuivis, sous un regard qui façonne l’impasse dans laquelle s’est engouffrée notre économie contemporaine.
11:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paul thomas anderson, there will be blood, cinéma, daniel day lewis
06.03.2008
California Dreamin'
Une très très très bonne surprise que ce California Dreamin'. Film roumain d'une grande perspicacité, l'oeuvre de Cristian Nemescu est particulière. Tout d'abord par son montage qui, suite au malheureux décès du réalisateur dans un accident de voiture alors que celui-ci était inachevé, révèle quelquefois sa dimension inachevée. On ne perd cependant pas beaucoup en qualité et le film gagne au contraire en authenticité.
Particulière aussi pour l'élaboration de son scénario. Au lieu de prendre le parti réchauffé de dénoncer l'intrusion des Américains en terre inconnue, Nemescu inverse les rôles: En 1999, un train de l'OTAN transportant une cargaison militaire secrète pour mettre fin au conflit serbo-bosniaque se retrouve arraisonné par le chef de gare d'un village roumain situé dans l'arrière-pays, "perdu dans un pli de la carte". Très à cheval sur l'étiquette, le chef de gare, qui agit également comme un père Ubu avec les habitants de sa commune, refuse de laisser partir ses hôtes sans les papiers officialisant leur transit.
Forts de leur réputation de gendarmes du monde et véhiculant l'onirisme de l'American Way of life, les soldats se voient courtisés par le maire et les jeunes filles du village, qui comptent bien tirer parti de cette situation aussi cocasse qu'impromptue.
Intelligent, drôle, parfois caustique en passant par le désarroi, la violence et la tristesse, California Dreamin' regorge de scènes qui subliment le propos de l'auteur.
Comme ce slow, dansé sur Love me Tender et interprété par une version pastiche d'Elvis lors d'un banquet au folklore roumain, qui voit, en même temps que les danseurs, s'étreindre deux cultures que tout oppose.
Ou bien ce passage dans lequel un haut dignitaire américain, poussé par les cris enthousiastes de ses hôtes de l'Est, s'insurge à s'en rendre ridicule contre les dictateurs de tous horizons. Une scène délicieuse, surtout si l'on connaît les événements ultérieurs.
On peut difficilement trouver les mots pour disserter sur un tel film, qui utilise des armes peu conventionnelles pour pointer un doigt accusateur sur l'hypocrisie et le mépris américains, l'écran de fumée de l'American Dream, mais aussi la cupidité et la bêtise humaines contrebalancées par les valeurs humaines véritables.
California Dreamin' résume en 2h35 une comédie humaine qui se livre au spectateur de façon intègre et sans trahison.
Note: California Dreamin' a eu le prix de la sélection Un autre regard au Festival de Cannes 2007.
14:58 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : film roumain, cristian nemescu
01.02.2008
Astérix aux Jeux Olympiques: ou comment dénigrer un film qu'on n'a pas encore vu
Il y a un temps pour tout : un pour la prospérité, et un pour la débâcle. Aux Etats-Unis, on a spéculé, spéculé et la crise des subprimes est survenue. En France on a spéculé, spéculé après deux épisodes plutôt convaincants, l’un pour son adaptation fidèle et l’autre pour son Nullissime humour, sur le dernier Astérix en préparation. La bobine enfin sortie des laboratoires de montage et installée dans les premiers galets des cabines de projection, tout le monde retient son souffle… Astérix et Obélix aux Jeux Olympiques est donc le 3ème film de la saga initiée par Claude Zidi en 1999. On peut lui associer un certain nombre de facteurs qui ne sont pas anodins : un budget colossal de 78 millions d’euros (!), un casting « exhibitionniste » avec 24 stars par seconde et surtout une réputation forte de 24 millions d’entrées cumulées pour les deux opus précédents. Sans compter évidemment qu’il est rare de trouver des gens qui n’ont jamais eu vent des aventures gauloises d’Astérix et de son compagnon à la bedaine toute de cervoise remplie et aux muscles d’airain.
Quelques changements interviennent en première ligne avec l’éviction accueillie à bras ouverts pour certains de Christian Clavier (titulaire d’un Gérard du Cinéma cuvée 2007, ça ne s’invente pas ! ) au profit de Clovis Cornillac, constant dans son ascension. Qui a dit que nous troquions un aveugle pour un borgne ?…
Revenons donc aux instants lourds de suspense qui précèdent la levée du rideau. Le film va-t-il être à la hauteur de ses prédécesseurs ? Serai-je repu après avoir avalé mon double big mac sauce « Dubosc-Poelvoorde-Cornillac-Depardieu-Delon-et-j’en-passe » ? La salle s’éteint… … et quelques deux heures plus tard, il semblerait que les spectateurs aux âmes faméliques et friands d’ exhibition de la jet-set restent un peu sur leur faim. Ou bien au contraire ressortent avec les méninges ulcérées par une potion magique au goût trop aigre dans le pire des cas, et à l’arôme tout à fait insipide dans une vision plus optimiste.
On s’en remettra aux avis des journalistes qui, même s’ils donnent parfois l’impression de ne pas avoir vu les films critiqués, donnent un même son de cloche et attestent du camouflet subi par Astérix :
« Les gags sont plats, le volume comique des personnages secondaires (...) bridé, les répliques souvent anémiques. » Le Parisien
« Le film n'est pas à la hauteur (...) La vacuité de cette gigantesque marmite finit même par susciter un sentiment de malaise (...) une production qui n'a retenu du tandem dont elle s'inspire que la force de frappe (...) en oubliant la souplesse et l'intelligence d'adaptation qu'elle requiert. » Le Monde
« Un "Astérix ..." consternant d'indigence, aux gags mal écrits et faisant défiler les caméos de milliardaires du sport (...) totalement inefficace. » Les Inrockuptibles
La palme revenant quand même à Libération :
« Le vide sidérant que laissent ces deux heures de bruit confirme au moins que le pouvoir économique (...) oeuvre d'arrache-pied à l'abêtissement des foules. »
Reste maintenant à voir le film pour savoir s’il est préférable de rejoindre les rangs des mécontents ou bien de soulever un élan de dissidence. Mais avant même de faire don de 8 € pour assister à la séance, quelque chose me dit que de toute manière Astérix n’aura même pas la médaille en chocolat à ces Jeux Olympiques.
16:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Astérix, Thomas Langmann, Obélix, Gérard Depardieu, Clovis Cornillac
03.01.2008
Hitman

On ne l’ignore pas, les adaptations de jeux vidéo au cinéma ont souvent mauvaise presse. De nombreux exemples jalonnent l’histoire cinématographique pour le démontrer. Seul peut-être Silent Hill, de Christophe Gans (et qui avait malgré tout encore été l’objet d’avis très mitigés), sortait de cette médiocrité patentée.
En cette fin d’année 2007, c’est donc sans grandes exigences que l’on découvre Hitman, l’adaptation du jeu éponyme ayant déjà sévi par quatre fois sur nos consoles et PC.
L’histoire reprend donc les grosses ficelles tressées par le jeu : un tueur anonyme uniquement distingué par son matricule, Code 47, et appartenant à une organisation secrète sobrement appelée… l’Organisation, honore des contrats d’assassinats pour différents clients. Pas de film sans embrouille, donc notre tueur au code barre se voit embarqué dans un petit imbroglio.
En guise d’articulations de ce scénario basique, le réalisateur reprend toutes les subtilités qui servaient le gameplay du jeu : usurpation d’identité, roublardise ou bien au contraire la technique du « je tire d’abord et je négocie ensuite ».
Autant le dire tout de suite, le film joue dans le très convenu. On se rappelle même un film de Michael Caton-Jones jouant sur les mêmes plates-bandes vieux de bientôt dix ans : Le Chacal.
Remplacez donc Richard Gere par Dougray Scott (le vilain pas beau du non moins vilain pas beau Mission : Impossible 2) et Bruce Willis par Timothy Olyphant (encore un vilain pas beau, mais cette fois-ci dans Die Hard 4). Des fusillades, des gentils, des méchants, une pincée d’amour pour un soupçon d’érotisme… la même chose on vous dit. A ceci près que Matrix est passé par là et que la réalisation a un peu évolué, avec des scènes d’actions un peu plus travaillées, mais rien qui ne sorte des profondes ornières du conventionnel.
Reconnaissons la performance honnête de Timothy Olyphant qui campe un assassin froid et stoïque, sans pour autant traverser l’écran.
Au final, avec de vieilles recettes, une réalisation moyenne et des acteurs satisfaisants, Hitman se fond dans la grande masse des films du genre. On n’a certes pas à faire à un film qui marquera les annales des salles obscures, mais on a vu bien pire tout de même. Ouf, on peut encore espérer.
13:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, jeux vidéo, hitman
07.09.2007
"I'll be back" Arnold Schwarzenegger, Terminator, 1984
Vous me croyiez morts? Hélas, ou fort heureusement, c'est selon, je suis bel et bien là (et las), végétant quelque part devant un ordinateur ou scrutant vos moindres faits et gestes dans la rue. Observer avant d'agir, telle est ma devise canonique.
Après quelques déboires pour cause de boulot/emménagement/reprise des études, je ne souffrais que trop du manque de temps, de motivation et d'occasion (et de connexion internet surtout) pour nourrir ce blog de pensées colorées et pertinentes. Je fais alors mon retour dans cette blogosphère semblable à un moulin de campagne, pas besoin de frapper pour entrer.
Et comme je n'ai - toujours - pas d'événements passionnants à relater en ces quelques lignes, je parlerai donc des deux derniers films que j'ai vus. On se réintègre comme on peut...

Le premier s'intitule 100 Girls. Je souhaitais faire un billet court et ce film me rend un grand service tant sa substance est peu consistante. Au vu du titre, les plus perspicaces d'entre vous, chers lecteurs intelligents et éveillés, pourront aisément déduire que le film appartient à l'espèce de ces longs-métrages calibrés pour un public teen.
C'est d'ailleurs tout à fait ça. Prenez un pauvre gars pommé et frustré de la turgescence qui un soir pénètre dans l'internat des filles du campus et profite d'une providentielle panne de courant pour tremper le biscuit dans la coupe parfumée d'une des pensionnaires... sans en connaître le visage.
Voilà donc que notre héros fraîchement dépucelé part à la conquête de son Graal érotique, sa Madeleine de Proust du zizi, pour bien évidemment renouveler l'expérience de la sainte éjaculation transcendantale.
Le principe de base est intéressant, mais la suite n'est qu'un ersatz d'American Pie, avec des gags certes drôles, mais le rythme étant très maladroitement orchestré, on s'ennuit. Mention spéciale tout de même aux dialogues débordant de métaphores sur la bête qui est sortie de notre côte un beau matin... Un bon petit divertissement, à la condition sinne qua non de ne vraiment rien avoir de mieux à faire.

Le second film a plus retenu mon attention.
Mettant en scène le célèbre Jean Dujardin qu'on ne présente plus après la déferlante Brice de Nice, Bienvenue chez les Rozes est un film surprenant à bien des égards. MG et son acolyte sont tous deux en cavale après s'être fait la belle lors d'un transfert de prison, et le destin veut que le tandem fuyard atterrisse dans une maison habitée, comme le titre le laisse entendre, par les Roze. Le simulacre ne dure guère longtemps et leur identité de hors-la-lois est bien vite découverte. Cependant, au lieu de les livrer simplement à la police comme l'exige l'éthique de notre belle société sarkozyste, les Rozes se font les complices des deux malfaiteurs.
Frappés du syndrôme de Stockholm dans une version exacerbée, ils n'hésitent pas à tuer oncle et boniche pour assurer un confort tout à fait incongru à leurs hôtes-ravisseurs.
Entre les dialogues, le jeu d'acteur et la mise en scène, se glisse un renversement de la situation, MG et son jeune ami (campé par Lorant Deutsch) se retrouvent otages de cette famille décidément très singulière: entre une fille nymphomane, un oncle hippocondriaque et des parents légèrement atteints, braqueurs comme spectateurs n'ont qu'à bien se tenir!
14:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bienvenue chez les Rozes, 100 Girls, Cinéma
20.08.2007
Gastronomie souricière...
Après le rachat de Pixar par Disney, deux groupes qui ont à leur actif quelques films d'animation (Cars, les Indestructibles, Toy Story...), voici que débarque sur nos écrans et pour notre plus grand plaisir, Ratatouille, la dernière friandise animée du studio du co-fondateur d'Apple.
Et quel bonheur! Plus j'y repense, et plus je me dis que laisser cette petite distraction au seul jugement de nos chères têtes blondes aurait été une grosse erreur.
Ratatouille met en scène Rémi, un rat de ville qui passe son temps à errer dans les égouts de Paris et à chiper de la nourriture pour survivre avec son clan de rongeurs. La nature lui a cependant accordé un don peu ordinaire pour un individu de son espèce ; il dissimule au plus profond de lui une véritable âme de cordon bleu. Ce qui, évidemment, est à l'origine de son intéressement à la civilisation humaine et ses innovations gastronomiques, mais aussi son désespoir de voir les siens se nourrir avec des aliments avariés et non assaisonnés.
Le reste, je vous laisse le découvrir. Permettez-moi juste de vous dire que ce petit Rémi sera embarqué dans une folle aventure au pays de la cuisine à la Jean-Pierre Coff et que tous nos sens seront appâtés.
Ratatouille perdure la tradition des longs-métrages de Pixar en offrant une esthétique vraiment superbe. Une illustration indéfectible du fait que la boît de Steve Jobbs n'a plus rien à apprendre en matière d'animation et de graphisme. Certains passages vous laisseront littéralement bouche bée et immobiles sur votre siège moeltonné. On naviguera tantôt dans les égoûts de Paris, on slalomera à notre guise entre les tractions endiablées, reines de l'asphalte dans le Paname des années '50... Le tout incorporé par une mise en scène qui relève la sauce parcimonieusement, en l'épiçant parfaitement pour une juste appréciation par nos papilles visuelles.
Les personnages sont également très hauts en couleurs, autre caractéristique des films made by Pixar ; entre un petit cuistot typé italien excentrique et acariâtre, un commis aux poubelles gentiment ingénu et un critique gastronomique dégingandé et légèrement aigri, le casting est cuit à point!
Les créateurs de Ratatouille n'ont plus eu qu'à - mais c'est là que réside tout le génie de la recette - mélanger tous ces précieux ingrédients pour nous donner quelque chose avec des gags qui ne tombent jamais à plat et dont on peut tout dire sauf qu'ils sont éculés, et qui surtout offre un rafraîchissement qui fait vraiment plaisir au moment où tout semble bon à être recyclé (même les films...).
Une oeuvre intelligente et au charme incontesté que petits et grands auraient tort de bouder sous peine de ne pas se régaler.
12:00 Publié dans Cinéma, Mes perférences à moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ratatouille, animation, Pixar, Disney
23.07.2007
Cinéma: les jeux sont faits...
En matière d'adaptation de jeu vidéo au cinéma, on a rarement été gatés: entre Mortal Kombat (berk), Street Fighters (reberk), Super Mario Bros (ultramegaberk) et autres Tomb Raider ou Resident Evil (j'arrête partez pas!), ça a été un beau fiasco. Seul Silent Hill tirait son épingle du jeu en étant correct.
Le 18 juillet dernier est sorti Dead or Alive, adaptation du jeu de combat de Tecmo. Je ne l'ai pas vu mais honnêtement je n'en attends pas beaucoup... On a appris à être cléments avec tout ça aussi il faut bien le dire.
Mais penchons-nous sur l'avenir, car moultes autres adaptations sont en chantier. Petit tour d'horizon.
On ouvre le bal avec Devil May Cry, dont on connaît finalement peu de choses: ni nom de réalisateur, ou ceux d'acteurs, nada. Une série télé devrait cependant voir le jour cette année au pays du soleil levant.
Ensuite, direction les plaines du Japon médiéval avec Onimusha. On retrouvera Takeshi Kaneshiro sans doute dans le rôle du samouraï Samanosuke Akechi, à qui il avait d'ailleurs prêté ses traits dans les premier et troisième jeux. On aurait bien aimé le voir donner la réplique à notre Jean Reno national qui prenait la place de guest dans Onimusha 3. Derrière la caméra on retrouvera Christophe Gans.
Ce qui nous amène tout logiquement à parler de Silent Hill 2, Gans ayant réalisé le premier. On ne sait pas trop si le réalisateur du Pacte des Loups va reprendre les commandes, mais il sera très proche du projet.
Toujours dans la transition, on notera qu'avant de renouer avec les ruelles suintantes de la ville noyée dans le brouillard, le scénariste de Silent Hill est allé épauler Roger Avary pour adapter Driver, le jeu qui nous apprenait à devenir un cador du volant...
Ca fait beaucoup, mais ce n'est pas fini, puisque après avoir vu filtrer des noms tels que Peter Jackson ou Guillermo del Toro, la réalisation de Halo, le hit planétaire de Bungie, se voit finalement confiée au puceau Neill Blomkamp, à qui l'on doit ceci.
On clot en beauté cette prospective de futures adaptations (bouzes?) par l'arrivée prochaine de Metal Gear Solid sur les écrans. Enfin! Tout comme pour DMC, pas de réalisateur désigné, on ne sait pas qui incarnera le légendaire Snake, et l'on espère secrètement que Hideo Kojima, géniteur de la saga, s'impliquera dans le projet.
Tout ceci devrait arriver dans le meilleur des cas cette année et s'étaler sur une période d'au moins trois ou quatre ans. D'ici là prions pour que nos avatars de pixels ne subissent pas une humiliation de plus dans les salles obscures.
19:50 Publié dans Cinéma, jeux vidéo | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : jeux vidéo, cinéma
16.07.2007
Take me to your dealer
Oui, je vous vois tous venir avec vos protestations d’internautes aigris. J’avais dit que je ferais des podcasts audio (oui j’aime les pléonasmes), mais principalement ne signifie pas exclusivement. Et comme le sujet qui nous passionne aujourd’hui est une critique de 3 DVD et que je veux dire des choses clairement sans bafouiller comme une otarie moldave, l’art scriptural me semble plus approprié. Désolé pour les quelques filles qui se tripotaient en écoutant ma voix de Don Juan.
Qu’est-ce donc que ces trois fameux DVD ? Il s’agit d’une trilogie réalisée par Nicolas Winding Refn. Ca n’éclaire pas votre lanterne ? Je me charge d’apporter un peu de lumière dans votre triste inculture. NWR (nommons-le ainsi) est un réalisateur danois. Oui, on s’en bat un peu les cacahuètes ; ça ne nous dit toujours pas le nom de cette cabalistique trilogie qu’est Pusher.
Voilà, ça c’est fait. Comme c’est une trilogie, les trois volets vont évidemment graviter autour d’un thème commun : le quotidien de la pègre et le marché de la drogue. La nationalité du de NWR n’est pas si anodine que ça puisque toute l’intrigue se passe dans les murs de Copenhague.

Commençons sans plus attendre, maintenant que les fondations sons posées et que la dalle est sèche, avec Pusher premier du nom. Franck, une petite frappe de la ville, se charge de dealer pour Milo, le trafiquant du coin. Accompagné de son acolyte Tonny, il est chargé de procéder à un échange qui tourne mal. Incapable de régler sa dette auprès de Milo, il devra essayer de survivre dans un monde incertain…
Le premier réflexe que l’on a en regardant le film, c’est de penser à Michael Mann, un des fervents pratiquants du tournage caméra à l’épaule. C’est donc en général assez bien tourné même si la mise en scène n’a rien de révolutionnaire. Cependant les choix de narration sont intéressants : non pas se cantonner sur la partie émergée de l’iceberg comme peuvent le faire les films d’action classiques, Pusher nous fait pénétrer dans le quotidien de ces hommes ayant un rapport étroit avec la drogue. On surprend donc des conversations telles que le dernier plan cul raconté dans les moindres détails, ou d’autres échanges que l’on peut très imaginer dans le microcosme des camés.
Ca nous donne du coup l’impression de suivre Franck un peu partout dans ses déplacements, d’être derrière lui comme un surveillant invisible. Tantôt avec lui dans le lit de sa copine, ou dans la rue en proie au désoeuvrement ou à la dépravation, on partage sa vie.
Le film montre à quel point choisir la mauvaise route peut être pernicieux ; la loyauté mafieuse assure la pérennité, mais si quelque chose cloche, toutes les attaches tombent et les amis deviennent ennemis. NWR s’intéresse aux liens humains que les protagonistes essaient de tisser malgré leur situation scabreuse, et l’on s’amusera de voir Franck débarquer chez sa mère pour mendier quelques couronnes…
Le reste relève du conventionnel ; la violence est de la partie, la cocaïne est sniffée par centaine de rails, les pétards se consument, et l’héroïne débauche.
En résumé, si GTA avait été un film, il se serait appelé Pusher. Son histoire en fait presque un docu-fiction sur le petit trafiquant bas de gamme qui vit des missions qu’on lui confie. Seulement le film souffre d’un problème de rythme ; très inégale, la progression donne une alternance de scènes de tension forte et de passages un peu longuets. Intéressant, mais pas vraiment passionnant.
Avec Pusher 2, sous-titré Du sang sur les mains, NWR s’intéresse cette fois-ci à Tonny, le skinhead compère du mystérieux disparu Franck (auquel une allusion très succincte est faite à un moment). Incarcéré on ne sait trop comment, on rejoint Tonny lors de sa libération. Avant de poursuivre, précisons tout de même que c’est Mads Mikkelsen qui lui prête ses traits, autrement dit le Chiffre, le banquier très calculateur de Casino Royale. L’ex tôlard revient donc se blottir sous l’aile de son père, dit le Duc (NWR fan de The Big Lebowsky ou NY 1997 ?), en fils prodigue. Pour regagner la confiance paternelle, il devra faire ses preuves. Mais c’est sans compter son caractère instable qui fait de lui un électron libre au sein de la mafia danoise et surtout son père qui ne peut le considérer sans circonspection. De petits plans en grandes embrouilles, Tonny s’embarque malgré lui dans une spirale infernale. Il lui faudra bien choisir ses amis, préserver la confiance altérée de son baron de la drogue de père, et essayer d’être un bon père lui-même en s’occupant du mioche qu’il a fait à la péripatéticienne du coin.
La recette est toujours la même pour cet épisode : on s’immisce dans la vie de Tonny et on le regarde sombrer en plus de rester embourbé dans les affres de la drogue. Dialogues toujours aussi crus, scènes brutes de décoffrages. Les relations de confiance et les coups tordus sont toujours au rendez-vous, cependant la sauce prend mieux là où le premier s’était dégonflé comme un soufflé au fromage. Peut-être est-ce dû à la prestance de Mikkelsen ou bien à une réalisation plus mature (huit ans séparent le premier du second volet). Ce n’est pas encore parfait, mais Pusher 2 comble certaines lacunes, notamment d’enchaînement, accusées par son prédécesseur. Le problème est que l’on a un peu l’impression de revivre l’histoire de Pusher avec un casting différent ; il est toujours question de dette à honorer (morale ou pécuniaire) et l’on aurait aimé un changement dans l’approche du sujet. On nous livre juste une amélioration, bienvenue tout de même.
Enfin, Pusher 3 : l’Ange de la Mort donne le rôle clé à Milo, omniprésent dans la saga. Après une période d’errance chez les drogués anonymes pour tenter une désintoxication, le trafiquant serbe n’en a pas pour autant abandonné sa besogne de dealer. Après qu’on lui ait fourgué des pilules d’extasy au lieu de son habituelle poudre, et comme un malheur n’arrive jamais seul, après s’être fait dupé par un de ses coursiers, Milo rentre dans une colère folle et entreprend un chemin de croix très vindicatif…
NWR monte encore la barre d’un cran pour cette ultime séquelle, mais on peut lui reprocher un conservatisme trop ancré, car sa démarche reste inchangée. On ne change certes pas une recette dont le goût s’intensifie à force de pratique… D’autant plus que, suivant logiquement la voie dégagée par Pusher 2, Pusher 3 se veut encore plus psychologique. Ecartelé entre sa responsabilité de père de famille qui marie sa fille et ses soucis de fripouille à qui l’on vient de voler quelques dix milles pilules bleues, tout cela surmontée de son envie plus ou moins sincère de décrocher, Milo développe une légère schizophrénie.
Le tout donne un côté assez intéressant, et Milo semble être, sous ses airs bourrus et patibulaires, le plus humain des personnages. Hélas, on reste encore trop proche des deux autres films, on a l’impression de faire face à une œuvre que l’on gomme sans cesse pour la faire évoluer tout en ne trahissant pas ses principales circonvolutions.
En conclusion, Pusher est un projet assez ambitieux et qu’il faut voir. Nonobstant, il est difficile de trouver de la complémentarité entre les différents films, et l’on se demande s’il n’aurait pas été mieux de faire un unique film plus abouti plutôt que trois qui finalement peuvent être qualifiés de faux triplés… Certes la qualité est croissante, mais le sentiment de déjà vu d’un film à l’autre est frustrant. Mais pour les dialogues, l’aspect docu-fiction et le côté intime des scènes de vie quotidienne et l’intégrité d’un récit sans tabou, cette œuvre vaut le coup. Même s’il semble difficile de s’échapper des griffes de la drogue, que l’on ait un rapport direct ou lointain avec elle, tous ses accros n’en restent pas moins des hommes avec une ébauche de vie, malgré le fait qu’ils soient amené à tuer pour survivre. Une métaphore de la loi du plus fort, plaisante, mais trop maladroite pour comparer le cinéma de NWR à celui de Scorsese comme certains l’ont fait. Un sous Scarface, pour faire simple.
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12.07.2007
McLane chez les geeks
Et hop, encore une saga qui se rallonge après des années d’absence ! Ce genre d’exhumation peut donner des résultats divers : le pire (Terminator 3, l’hérésie de Jonathan Mostow) comme le meilleur (Rocky Balboa). Alors, quid de Die Hard 4: Retour en enfer ? Premières constatations, avec le nouveau look de Bruce Willis, le super policier McLane a subi une petite calvitie. Mais heureusement, il a toujours une corde humoristique à son arc qui lui fournit un réservoir de répliques sympas.
Cette fois-ci, John affronte un ennemi beaucoup plus insaisissable qu’auparavant, puisqu’il commet ses vilains forfaits par le biais de l’outil omnipotent en matière d’information et de communication : Internet. Au niveau du scénario, on a déjà vu venir le gusse de loin tout nimbé de machiavélisme ; une vieille rancœur qui le pousse à vouloir paralyser les Etats-Unis en mettant le dawa dans la Bourse, les services publics, les transports… bref, c’est pas joli. Heureusement, McLane reste toujours soumis à cette bonne vieille loi de Murphy (vous savez la chute de la tartine beurrée…) et se retrouve embringué bon gré mal gré dans de nouvelles tribulations.
On sait notre bon flic de New-York de la vieille école, et il nous a maintes fois prouvé son évidente maladresse avec la technologie. Ainsi pour lutter contre les cyber-criminels qui veulent tout faire péter s’est-il cette fois-ci entiché d’un nerd, un side-kick qui lui sera bien utile car il sera le cerveau aux commandes de la machine bien huilée (même si un peu grippée avec les années…) qu’est McLane.
Et le méchant dans tout ça ? Eh bien pour une fois, il n’est pas allemand ! On commençait à croire que la saga Die Hard faisait du ségrégationnisme… Non, cette fois c’est un méchant banal, si ce n’est qu’il est sans doute sorti du cursus universitaire avec un doctorat en informatique et sa licence indispensable de méchant. Dans tout ça on a oublié de lui inculquer le charisme (dommage pour un type censé incarner Code 47 en fin d’année…). Alan Rickman a laissé un grand vide…
Alors, ça a l’air de faire recette tout ça non ? Eh bien, c’est assez mitigé. On sourit quelquefois pour les petites piques destinées à l’administration Bush (« les secours ont mis cinq jours pour arriver à la Nouvelle-Orléans ») ou bien au manque sérieux d’ésotérisme culturel de McLane (« Vous êtes fan de Boba Fett ? » « Non moi c’est plutôt Star Wars »…). Et bien sûr, au-dessus de tout cela flotte allègrement le spectre du 11 septembre, avec d’ailleurs la simulation de la destruction de la Maison Blanche assez osée… L’équipe de scénaristes opportunistes peut dire merci à Oussama.
Là où le bât blesse, car oui il y a un léger souci, c’est que n’est pas McTiernan qui veut, et Len Wiseman enlève le charme qui faisait d’un film un Die Hard. Non pas que ce soit tout pourri, mais il est assez fatiguant de voir tous ces films tendance new wave avec de l’action rocambolesque qui finit par ennuyer plus qu’elle ne divertit. Les trois premiers épisodes n'étaient pas franchement réalistes non plus, mais cette quatrième sortie est un peu trop unleashed… Cela reste toutefois sympathique, mais on a perdu quelque chose en route.
Die Hard 4 est un film d’action qui se fond donc dans la masse de ses semblables. Sans être d’une qualité exceptionnelle mais qui ne mérite toutefois pas d’être honni, il reste un film regardable. Quant à savoir s’il mérite le label Die Hard… pour la musique peut-être. Allez, yeepikai les zamiches! :-)
00:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Die Hard, Bruce Willis, John McLane, Cinéma
