03.05.2008
AFP VS UMP
Porte-parole [de l'UMP]
Secrétaire national à l’économie
13:22 Publié dans Monde de drogués | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lefèbvre, louette, ump, afp, ségolène royal
02.05.2008
Un trotskiste chez Drucker
Sentez-vous cette bonne odeur? Les clochettes blanches que tout le monde aime ont uni leur odeur printanière aux douces fragrances séditieuses que jeunes et moins jeunes au poing levé ont libéré pour commémorer les 40 ans du mouvement social de mai 68. Les premières émanations ont eu lieu dès le premier jour de mai, lors des immanquables manifestations qui ont rassemblé tous ceux qui se sentent de la gauche, de la vraie, au fond de leur cœur meurtri.
Joli ballet de drapeaux syndicalistes mêlés aux couleurs du muguet. Le 1er mai 2008, outre le fait de voir Chérèque et Thibaut se faire une accolade jacobine attendue depuis 2003, a du bois à mettre dans la chaudière : la réforme des retraites, les suppressions de poste dans la fonction publique, le pouvoir d’achat…
On croirait presque que c’était hier que le quartier latin était sens dessus dessous, et que les rues avaient été dépavées par les méchants gauchistes pour foutre sur la gueule des vilains CRS, bras armé du pouvoir. Et pourtant quatre décennies ont passé, et cela a suffi à refroidir les ardeurs des révoltés d’hier : aussi Dany le Rouge clame-t-il son repentir depuis son moelleux fauteuil de député européen.
Quand les héritiers de mai 68, (que Sarkozy compte bien plumer) démangés par l’envie de se faire pousser les cheveux et de continuer la lutte pavé en main, croient encore fermement à leurs convictions, voilà qu’Olivier Besancenot, petit facteur neuilléen s’il en est, veut passer chez Drucker le 11 mai! Oh le vil apostat ! Drôle de façon de fêter l’anniversaire de la révolution (avec un r minuscule toutefois, on ne peut que reprocher à ce mouvement en demi-teinte d’avoir accouché de la société de consommation diabolique). Là où l’on se rend compte que les temps changent, c’est en entendant le discours d’Arlette Laguillier, militante pugnace mais infortunée, qui approuve le choix de son cadet de passer chez les people. Même son de cloche pour le mentor spirituel du petit Olivier ; Alain Krivine pense qu’«Olivier chez Drucker ? Ça va être très politique ». Vous m’en direz tant !
Je souris à l’idée de voir Besancenot vanter les mérites du nouveau parti anticapitaliste qui attend sagement au fond des cartons et de casser du sucre sur les patrons sur un air de « nos vies valent mieux que leurs profits ». Qu’on soit bien d’accord, le fonctionnement de la société impose aux candidats d’utiliser les médias pour diffuser leurs causes, mais cela au risque de se voir eux-mêmes formatés aux standards des dits médias. Un certain faucheur moustachu particulièrement prisé par les caméras pourra vous parler de cette expérience insidieuse…
Parler à des millions de personnes soit, mais se prêter au jeu de la pipolisation est risqué, comme le craint Christian Picquet : « Ce type d'émission ne contribue pas à la différence d'idées, mais au contraire dépolitise l'espace public ». Sûr que les responsables de l’émission ont déjà récupéré les photos d’enfance du jeune révolutionnaire en train de taper sur le MEDEF avec son marteau et sa faucille en plastique. Pas de quoi attendrir les mamies le temps d’un après-midi dominical, qui continueront sans doute à voter à droite. Vivement dimanche !
13:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, lcr, besancenot, drucker, people
01.05.2008
"Bouddha s'est effondré de honte"
A l’heure où certains veulent suivre l’exemple déplorable de Bush en envoyant des troufions en Afghanistan par camions entiers pour y instaurer la saine dictature du capitalisme moderne, d’autres essaient de voir ce conflit avec beaucoup plus de recul et essaient d’en deviner les conséquences dont l’avenir dépendra sans doute.
C’est le cas d’Hana Makhmalbaf, une jeune réalisatrice iranienne de 19 ans, qui malgré son jeune âge, offre une vision intelligente et juste du conflit en Afghanistan et des externalités négatives induites par la guerre en général dans Le Cahier. Avec une réalisation très sobre mettant en scène de très jeunes acteurs, qui confèrent donc aux personnages tout le naturel requis, elle conte l’histoire de la jeune Bakhti, un petit bout de chou de six ans qui aimerait bien, tout comme son copain Abbas, savoir lire et écrire pour apprendre des histoires drôles afin de se détacher de la fadeur de la réalité.
Cette petite gavroche part alors bille en tête avec l’idée d’acheter un cahier pour pouvoir aller à l’école et s’instruire. Le problème, c’est que quand on fait partie d’une petite communauté troglodyte nichée sous les ruines d’une statue de Bouddha détruit par les Talibans, l’achat d’un simple cahier s’avère être une épreuve à cause de la pauvreté omniprésente.
Hana Makhmalbaf montre donc une misère, mais tout en gardant une certaine pudeur, en montrant des hommes et des femmes sachant vivre avec le strict minimum et qui arrivent malgré tout à être heureux en vivant leur vie aussi simple soit-elle.
Toutefois, la réalisatrice met l’accent sur l’importance de l’éducation, pivot déterminant pour les enfants issus de ces populations. S’ils veulent pouvoir rêver à travers les mots, ou tout simplement connaître autre chose que la vie prosaïque des montagnes afghanes, ils ne peuvent trouver ce salut que dans l’apprentissage.
Mais le film porte sur un constat bien plus inquiétant encore que le taux d’analphabétisation ; il traite de l’inquiétant mimétisme dont font preuve les enfants vis-à-vis de leurs aînés engagés dans les combats contre l’ « envahisseur » américain. Ainsi voit-on une bande de jeunes enfants armés de bouts de bois et de ficelles figurant les instruments de mort des soldats organiser l’enlèvement des fillettes impies puis un simulacre de leur lapidation.
Hana Makhmalbaf fait donc part de son pessimisme quant à la situation : elle a peur, et à raison, que ce jeu auxquels se livrent les enfants et qui leur paraît si trivial ne les transforme en soldats des armées de demain. Elle a peur pour l’avenir de son pays, pour lequel les enfants sont justement les légitimes représentants. On voit ici toute la bêtise des adultes qui façonne à grands coups de marteau la glaise malléable que constitue leur progéniture, ces enfants qui dès leur plus jeune âge sont imprégnés d’une culture belliqueuse et religieuse dévoyée, et où la femme n’est qu’une servante de l’homme qui doit évoluer dans la société à visage couvert.
Le film regorge également de scènes symboliques tançant les problèmes d’intégration à la société, de ségrégation sexuelle, etc…
En bref, avec un premier film d’une telle trempe, sans aucune prétention et comptant uniquement sur la coopération des enfants qu’elle filme, cette jeune réalisatrice peut être promise à un bel avenir.
21:34 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, hana makhmalbaf, afghanistan, guerre
