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28.03.2008

Brèves courtes et concises

930836886.2.jpg Ah forcément, sans les Rayban, c'est moins facile de rester impavide face au soleil, surtout quand on est de l'espèce des vampires élyséens qui ne sauraient arborer trop de couleur sur leur peau de peur de paraître empathique. Remarquez comme les rayons du soleil qui agacent Sarko révèlent à la perfection ses véritables traits quand il pense à nous en disant "je les ai encore bien niqués ces pauvres cons" (ou bien quand Carla lui fait des gâteries dans le lit présidentiel le matin...).

 

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Youpi! Les Bhoutanais ont découvert comment voter pour la première fois aux législatives le 24 mars dernier! Comme quoi tout arrive, même pour un pays qui évalue sa prospérité en fonction du Bonheur National Brut (XD)

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Il fait vraiment bon être Japonais. Ok, Aki Habara et les autres quartiers branchés de Tokyo, les geishas, les bukkake, c'est sympa vu du côté européen. Pour les autochtones, c'est quand même pas la joie. Une jeunesse en totale perdition (avec le phénomène des ikikomori et autres particularités bien nippones), et chez les vieux ce n'est guère mieux. Déjà qu'on a sans vergogne sucré la pension de retraite des vieux pour faire fondre la dette (si si!) en en laissant crever quelques-uns sur le tatami, maintenant l'archipel est à la recherche de 20 millions de cotisants non identifiés qui risqueraient bien de ne pas pouvoir acheter de riz pour leurs sushis! 

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Ca y est, le mot est lâché! Nos intellectuels reconnaissent enfin que l'on entre dans un cycle de récession, après avoir seriné que la crise des subprimes perdrait en intensité en traversant l'océan. Alan Greenspan, l'ex-Boss de la Fed ose même, l'imprudent, comparer l'"incident" avec la crise de 29! C'est bien, on fait des progrès.

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Jérôme Kerviel aurait été contrôlé 75 fois dans ses activités d'arbitrage financier avant que le scandale de la Société Générale n'éclate en janvier dernier. Si Sarkozy a abandonné ses Rayban, Bouton lui aurait besoin de faire changer sa monture ainsi que les verres! 

15.03.2008

Quand j'ai la gerbe...

C'est arrivé à tout le monde. Chacun a, un jour, été sujet à des nausées et autres haut-le-coeur en faisant face à un événement qui l'a profondément bouleversé, au sens viscéral du terme.
Le cas de Chantal Sébire  m'a vraiment foutu la gerbe.

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, c'est le drame d'une femme défigurée par une tumeur incurable et qui dit souffrir au quotidien. Elle a récemment fait la demande de mourir. Ce n'est pas ici l'affaire en elle-même qui m'indigne, bien qu'elle dégage de forts relents de l'affaire Humbert (qui avait abouti à un non-lieu) et qu'elle remettre une fois de plus le débat sur l'euthanasie au coeur du débat éthique et légal.

Non, ce qui vraiment m'a retourné les boyaux, c'est la manière dont a été traitée l'affaire. J'avais déjà ressenti une sorte de malaise quand la photo de Jérôme Kerviel occupait la première page des journaux au lendemain de la découverte de la fraude de trading à la Société Générale. Les esprits aigris et délateurs pouvaient pointer leur doigt sur un unique bouc-émissaire pendant que ses nécessaires complices pouvaient filer à l'arrière de la scène sans que personne ne presse le Bouton d'alarme...
Cette fois-ci ça n'a pas été qu'un malaise, mais littéralement une éructation biliaire. L'affaire fait du bruit, certes. Mais en plus de cela, le côté voyeur de nos journalistes au professionnalisme maintes fois démontré les pousse à mettre en encadré le portrait de cette femme, tel un trophée sur leur page web.
Les défenseurs des chasseurs d'info vont sûrement dire que les équipes de journalisme auront sans doute eu l'accord de madame Sébire pour la publication de cette photo, mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que le fait de l'exhiber ainsi aux yeux de tous est un manque de respect total.
Et aux divers ministres du gouvernement bling-bling de dire que non, l’euthanasie active n’est pas une pratique reconnue en France (et que la malheureuse peut continuer à payer ses impôts sans sourciller, puisque les impôts forment avec la mort le tandem des seules choses considérées comme vraies, n'est-ce pas?). On s’échauffera un peu les esgourdes avec les propos de Christine Boutin, subtile comme de coutume : la ministre du Logement se dit « scandalisée qu’on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu’elle souffre et qu’elle est difforme. » Au moins comme ça l’ambiguïté est levée ; au cas ou Chantal Sébire doutait d’être considérée comme un monstre de foire. D’ailleurs on lui a gentiment proposé d’aller se faire dévisager examiner par un comité d’experts en lieu et place de la livrer au trépas.  En attendant que le droit de mourir ou non soit octroyé à la demandeuse par le juge en charge de la requête lundi, les électeurs iront aux urnes et le feuilleton municipal reprendra ses droits sur le délit de sale gueule.

10.03.2008

L'homme qui murmurait à l'oreille des urnes

municipales_2.jpgBien que sans surprise, l’issue de ce premier tour des élections municipales est néanmoins intéressante. Alors que 10 mois de règne assez chaotique sous tutelle sarkozyste se sont écoulés, on peut, après un choc aux législatives largement amorti, procéder à quelques analyses à la lumière des faits précédemment établis.

Tout d’abord, la grande source de divergences tant sur les plateaux télés que dans les médias au lendemain du 9 mars a été le caractère des élections. Fallait-il y voir un enjeu local ou national ?

 

La première supputation impliquerait que les électeurs votent avant tout pour une gestion restreinte aux frontières de leurs villes respectives, eu égard des problèmes de gestion qu’un élu digne de ce nom se doit de prendre en considération. La logique de la démarche est irréfutable, car la conception (point trop philosophique) du bonheur de chacun commence par se sentir bien chez soi. Et ce malgré les grandes questions nationales, telles que le pouvoir d’achat et, étroitement corrélées, les retraites.

Les grands thèmes locaux gravitent autour de la gestion privée ou publique des ressources de la ville, et notamment celle de l’eau. L’emploi, dont les principales ficelles sont certes tirées au niveau national, n’exclut pas d’être géré par une dynamique à l’échelle plus restreinte. Ajoutons à ceci le syndrome franco-français de l’exception culturelle, considérée cette fois-ci dans une perspective communale, qui fait reluire le blason des maires qui la préservent auprès de ceux qui parleront aux urnes.

Dans les communes de moins de 3500 habitants, les candidats sont soumis à la loi du panachage ; les étiquettes de chacun importent alors peu et les enjeux locaux ont la primeur dans le jugement des électeurs.

Certains maires jouissent également d’une popularité acquise moyennant temps et expérience passés auprès des électeurs ; ainsi donc Alain Juppé peut remercier ces derniers de lui avoir au moins laissé son slip sur son trône de Bordeaux, alors qu’il était promis au goudron et aux plumes après son humiliation de juin dernier. Remarquons aussi qu’au scrutin présidentiel, les Bordelais avaient jeté leur dévolu sur la candidate socialiste…

Et Gérard Gaudron, le député-maire d’Aulnay-sous-Bois, qui avait fait une syncope en découvrant la divulgation de sa fraude à l’assurance chômage dans le Canard Enchaîné ? Malgré cet accroc, ça ne l’a pas empêché de glaner quelques 46,4% des suffrages et d’être en ballottage favorable avec la liste d’union de gauche qui s’oppose à lui…

 

Si, comme nous l’avons vu, ce premier tour semble conserver une dimension locale (les maires sont les élus les plus choyés par les Français, qu’ils nous disent), il serait abscons de le détacher d’un enjeu national. Elle était convaincante, Madame Dati, celle qui, pour caser un odieux jeu de mots, a vitrifié le Parquet. La Garde des Sceaux s’indigne d’un vote sanction (que ses collègues sarkozystes s’empressent de nier par la suite) et d’une manœuvre d’exhortation des électeurs par la gauche à donner la fessée au pouvoir en place par pure et simple rancœur ! Son grand moment de solitude se clôt par des bafouillis, après avoir tenté l’audacieuse alchimie de transformer la merde en or en défendant un bilan catastrophique, et la ministre de finir prostrée la tête sur ses mains croisées.

A droite, on a du mal à accepter une « poussée de la gauche », alors fustigeons celle-ci ainsi que ces « pauvres cons » d’électeurs qui manient la cravache avec sadisme ! On insiste éminemment sur la dimension locale du scrutin pour essayer de diminuer la dissonance cognitive qu’occasionne le refus d’une politique que d’aucuns n’ignorent plus, faute d’en avoir marre de le feindre.

Il faut bien s’appeler Devedjian pour faire l’éloge du local et tomber dans les mailles de son propre filet en allant pavoiser face à Fabius sur les « progrès » remarquables et les réformes entreprises par l’équipe que l’hyperprésident Sarkozy osait impétueusement qualifier de « meilleure jamais créée » ! Tombons d’accord avec lui sur un point : on a trop tergiversé sur sa petite (sic) personne, mais pas assez sur les (désastreuses) réformes mises en place.

 

Les municipales n’ont pas traduit massivement (25% des électeurs, info à prendre avec toute la crédibilité que l'on peut accorder à un sondage) un vote de mécontentement, mais fallait-il être complètement naïf pour ne pas prévoir que certains joindraient leurs graines de fiel patiemment germées au cours de ces dix derniers mois à leur bulletin, telle une gale suçant la sève d’un Etat de grâce ouvert par des festivités rupines éhontées au Fouquet’s ?

Allons allons, les électeurs peuvent être des girouettes, mais à trop les prendre pour des cons (et pauvres de surcroît...), ils sont susceptibles de s’en rendre compte. Les discours populistes du style « les électeurs sauront s’y retrouver », ça va bien un moment…

Quoiqu’il en soit, globalement, les mairies françaises vont apparemment troquer le bleu contre le rose. Mais au lieu de nous hasarder plus loin dans l’extrapolation, il sera sage de laisser parler une nouvelle fois les électeurs au deuxième tour, là où toutefois il aura lieu.

06.03.2008

California Dreamin'

18869626.jpgUne très très très bonne surprise que ce California Dreamin'. Film roumain d'une grande perspicacité, l'oeuvre de Cristian Nemescu est particulière. Tout d'abord par son montage qui, suite au malheureux décès du réalisateur dans un accident de voiture alors que celui-ci était inachevé, révèle quelquefois sa dimension inachevée. On ne perd cependant pas beaucoup en qualité et le film gagne au contraire en authenticité.

Particulière aussi pour l'élaboration de son scénario. Au lieu de prendre le parti réchauffé de dénoncer l'intrusion des Américains en terre inconnue, Nemescu inverse les rôles: En 1999, un train de l'OTAN transportant une cargaison militaire secrète pour mettre fin au conflit serbo-bosniaque se retrouve arraisonné par le chef de gare d'un village roumain situé dans l'arrière-pays, "perdu dans un pli de la carte". Très à cheval sur l'étiquette, le chef de gare, qui agit également comme un père Ubu avec les habitants de sa commune, refuse de laisser partir ses hôtes sans les papiers officialisant leur transit.
Forts de leur réputation de gendarmes du monde et véhiculant l'onirisme de l'American Way of life, les soldats se voient courtisés par le maire et les jeunes filles du village, qui comptent bien tirer parti de cette situation aussi cocasse qu'impromptue.
Intelligent, drôle, parfois caustique en passant par le désarroi, la violence et la tristesse, California Dreamin' regorge de scènes qui subliment le propos de l'auteur.
Comme ce slow, dansé sur Love me Tender et interprété par une version pastiche d'Elvis lors d'un banquet au folklore roumain, qui voit, en même temps que les danseurs, s'étreindre deux cultures que tout oppose.
Ou bien ce passage dans lequel un haut dignitaire américain, poussé par les cris enthousiastes de ses hôtes de l'Est, s'insurge à s'en rendre ridicule contre les dictateurs de tous horizons. Une scène délicieuse, surtout si l'on connaît les événements ultérieurs.

On peut difficilement trouver les mots pour disserter sur un tel film, qui utilise des armes peu conventionnelles pour pointer un doigt accusateur sur l'hypocrisie et le mépris américains, l'écran de fumée de l'American Dream, mais aussi la cupidité et la bêtise humaines contrebalancées par les valeurs humaines véritables.
California Dreamin' résume en 2h35 une comédie humaine qui se livre au spectateur de façon intègre et sans trahison.

 Note: California Dreamin' a eu le prix de la sélection Un autre regard au Festival de Cannes 2007.

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