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01.02.2008

Astérix aux Jeux Olympiques: ou comment dénigrer un film qu'on n'a pas encore vu

8370ccde366945dd39dbd426bf0bfd59.jpgIl y a un temps pour tout : un pour la prospérité, et un pour la débâcle. Aux Etats-Unis, on a spéculé, spéculé et la crise des subprimes est survenue. En France on a spéculé, spéculé après deux épisodes plutôt convaincants, l’un pour son adaptation fidèle et l’autre pour son Nullissime humour, sur le dernier Astérix en préparation. La bobine enfin sortie des laboratoires de montage et installée dans les premiers galets des cabines de projection, tout le monde retient son souffle… Astérix et Obélix aux Jeux Olympiques est donc le 3ème film de la saga initiée par Claude Zidi en 1999. On peut lui associer un certain nombre de facteurs qui ne sont pas anodins : un budget colossal de 78 millions d’euros (!), un casting « exhibitionniste » avec 24 stars par seconde et surtout une réputation forte de 24 millions d’entrées cumulées pour les deux opus précédents. Sans compter évidemment qu’il est rare de trouver des gens qui n’ont jamais eu vent des aventures gauloises d’Astérix et de son compagnon à la bedaine toute de cervoise remplie et aux muscles d’airain.

Quelques changements interviennent en première ligne avec l’éviction accueillie à bras ouverts pour certains de Christian Clavier (titulaire d’un Gérard du Cinéma cuvée 2007, ça ne s’invente pas ! ) au profit de Clovis Cornillac, constant dans son ascension. Qui a dit que nous troquions un aveugle pour un borgne ?…
Revenons donc aux instants lourds de suspense qui précèdent la levée du rideau. Le film va-t-il être à la hauteur de ses prédécesseurs ? Serai-je repu après avoir avalé mon double big mac sauce « Dubosc-Poelvoorde-Cornillac-Depardieu-Delon-et-j’en-passe » ? La salle s’éteint… … et quelques deux heures plus tard, il semblerait que les spectateurs aux âmes faméliques et friands d’ exhibition de la jet-set restent un peu sur leur faim. Ou bien au contraire ressortent avec les méninges ulcérées par une potion magique au goût trop aigre dans le pire des cas, et à l’arôme tout à fait insipide dans une vision plus optimiste.

On s’en remettra aux avis des journalistes qui, même s’ils donnent parfois l’impression de ne pas avoir vu les films critiqués, donnent un même son de cloche et attestent du camouflet subi par Astérix :

« Les gags sont plats, le volume comique des personnages secondaires (...) bridé, les répliques souvent anémiques. » Le Parisien

« Le film n'est pas à la hauteur (...) La vacuité de cette gigantesque marmite finit même par susciter un sentiment de malaise (...) une production qui n'a retenu du tandem dont elle s'inspire que la force de frappe (...) en oubliant la souplesse et l'intelligence d'adaptation qu'elle requiert. » Le Monde

« Un "Astérix ..." consternant d'indigence, aux gags mal écrits et faisant défiler les caméos de milliardaires du sport (...) totalement inefficace. » Les Inrockuptibles

La palme revenant quand même à Libération :
« Le vide sidérant que laissent ces deux heures de bruit confirme au moins que le pouvoir économique (...) oeuvre d'arrache-pied à l'abêtissement des foules. »

Reste maintenant à voir le film pour savoir s’il est préférable de rejoindre les rangs des mécontents ou bien de soulever un élan de dissidence. Mais avant même de faire don de 8 € pour assister à la séance, quelque chose me dit que de toute manière Astérix n’aura même pas la médaille en chocolat à ces Jeux Olympiques.

Commentaires

J'ai vu le film... Effectivement il n'est PAS super!

Ecrit par : Patricia | 02.02.2008

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