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25.01.2008
American History X
Voilà un petit moment que je n’avais pas revu American History X. Et je dois dire que même après toutes ces années, le film n’a pas perdu de son impact. Cela tient sans doute hélas au fait que le sujet sur lequel il jette l’anathème est malheureusement toujours d’actualité. Pour illustrer le propos, Derek Vinyard, interprété avec brio par un Edward Norton au sommet de son art, est incarcéré suite à la perpétration d’un crime raciste. Ayant mûri et longuement réfléchi à sa condition pendant un séjour carcéral de trois ans, il va tenter de raisonner son jeune frère Danny (Edward Furlong), qu’il voit à son grand désarroi emprunter la même voie haineuse que lui.
Le racisme en lui même est à la fois violence et approche totalement absconse de la vie. Ici, la violence est physique, naturellement, mais aussi symbolique et verbale. Les discours tenus par les différents protagonistes du mauvais côté de la barrière sont très crus et durs à entendre.
Le spectateur est interpellé dans sa conscience chaque fois qu’il découvre l’hideuse croix gammée qui orne le torse de Derek, tout comme il est frappé par la gangrène qui dévore Danny, petit frère ingénu. Comment ne pas rester hébété quand le brillant lycéen se laisse aveugler par une idéologie puante à laquelle il ne croit qu’en surface. Comment expliquer la puissance de la domination verticale qui s’applique à ce jeune frère qui idolâtre son aîné, au point de commettre une apologie de Mein Kampf ? Comment croire que ce jeune garçon qui arrive à l’âge fatidique des seize ans où tout adolescent se cherche va pouvoir s’épanouir dans une chambre dont les murs sont recouverts de propagande nazie et de symboles xénophobes ?
American History X relate l’histoire de personnes déboussolées, d’une famille en manque constant de repère, de deux frères qui se déchirent et paradoxalement se rapprochent. Les instants de tendresse et d’amour que Danny et Derek vivent au sein de leur famille coexistent non sans étonnement avec la dépravation des soirées subversives auxquelles s’adonnent les adeptes des tendances néonazies. Les Vinyard paraissent une famille heureuse qui ne parvient cependant pas à cacher aux yeux de tous le drame sous-jacent qu’elle porte comme un fardeau intérieure, si bien qu’il suffit d’une étincelle, d’une incursion dans le registre politique et idéologique pour mettre le feu aux poudres et faire voler en éclat cette imitation de bonheur.
L’évolution des deux personnages principaux incarnés par le tandem des deux Edward révèle deux personnes à la mentalité écartelée, avec d’un côté une haine viscérale de l’étranger et d’un autre des relations familiales qui tentent de sauvegarder en eux une parcelle d’amour et d’humanité, aussi infinitésimale soit-elle.
Mené avec la pertinence digne des plus grands et sublimé par une fin qui a tout de l’apothéose, American History X est une leçon péremptoire de tolérance.
13:05 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : American History X, Racisme, Edward Norton, Edward Furlong, Tony Kaye
03.01.2008
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21:58 Publié dans Delirium tremens | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sarkoland, RTT
Hitman

On ne l’ignore pas, les adaptations de jeux vidéo au cinéma ont souvent mauvaise presse. De nombreux exemples jalonnent l’histoire cinématographique pour le démontrer. Seul peut-être Silent Hill, de Christophe Gans (et qui avait malgré tout encore été l’objet d’avis très mitigés), sortait de cette médiocrité patentée.
En cette fin d’année 2007, c’est donc sans grandes exigences que l’on découvre Hitman, l’adaptation du jeu éponyme ayant déjà sévi par quatre fois sur nos consoles et PC.
L’histoire reprend donc les grosses ficelles tressées par le jeu : un tueur anonyme uniquement distingué par son matricule, Code 47, et appartenant à une organisation secrète sobrement appelée… l’Organisation, honore des contrats d’assassinats pour différents clients. Pas de film sans embrouille, donc notre tueur au code barre se voit embarqué dans un petit imbroglio.
En guise d’articulations de ce scénario basique, le réalisateur reprend toutes les subtilités qui servaient le gameplay du jeu : usurpation d’identité, roublardise ou bien au contraire la technique du « je tire d’abord et je négocie ensuite ».
Autant le dire tout de suite, le film joue dans le très convenu. On se rappelle même un film de Michael Caton-Jones jouant sur les mêmes plates-bandes vieux de bientôt dix ans : Le Chacal.
Remplacez donc Richard Gere par Dougray Scott (le vilain pas beau du non moins vilain pas beau Mission : Impossible 2) et Bruce Willis par Timothy Olyphant (encore un vilain pas beau, mais cette fois-ci dans Die Hard 4). Des fusillades, des gentils, des méchants, une pincée d’amour pour un soupçon d’érotisme… la même chose on vous dit. A ceci près que Matrix est passé par là et que la réalisation a un peu évolué, avec des scènes d’actions un peu plus travaillées, mais rien qui ne sorte des profondes ornières du conventionnel.
Reconnaissons la performance honnête de Timothy Olyphant qui campe un assassin froid et stoïque, sans pour autant traverser l’écran.
Au final, avec de vieilles recettes, une réalisation moyenne et des acteurs satisfaisants, Hitman se fond dans la grande masse des films du genre. On n’a certes pas à faire à un film qui marquera les annales des salles obscures, mais on a vu bien pire tout de même. Ouf, on peut encore espérer.
13:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, jeux vidéo, hitman
