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20.08.2007
Gastronomie souricière...
Après le rachat de Pixar par Disney, deux groupes qui ont à leur actif quelques films d'animation (Cars, les Indestructibles, Toy Story...), voici que débarque sur nos écrans et pour notre plus grand plaisir, Ratatouille, la dernière friandise animée du studio du co-fondateur d'Apple.
Et quel bonheur! Plus j'y repense, et plus je me dis que laisser cette petite distraction au seul jugement de nos chères têtes blondes aurait été une grosse erreur.
Ratatouille met en scène Rémi, un rat de ville qui passe son temps à errer dans les égouts de Paris et à chiper de la nourriture pour survivre avec son clan de rongeurs. La nature lui a cependant accordé un don peu ordinaire pour un individu de son espèce ; il dissimule au plus profond de lui une véritable âme de cordon bleu. Ce qui, évidemment, est à l'origine de son intéressement à la civilisation humaine et ses innovations gastronomiques, mais aussi son désespoir de voir les siens se nourrir avec des aliments avariés et non assaisonnés.
Le reste, je vous laisse le découvrir. Permettez-moi juste de vous dire que ce petit Rémi sera embarqué dans une folle aventure au pays de la cuisine à la Jean-Pierre Coff et que tous nos sens seront appâtés.
Ratatouille perdure la tradition des longs-métrages de Pixar en offrant une esthétique vraiment superbe. Une illustration indéfectible du fait que la boît de Steve Jobbs n'a plus rien à apprendre en matière d'animation et de graphisme. Certains passages vous laisseront littéralement bouche bée et immobiles sur votre siège moeltonné. On naviguera tantôt dans les égoûts de Paris, on slalomera à notre guise entre les tractions endiablées, reines de l'asphalte dans le Paname des années '50... Le tout incorporé par une mise en scène qui relève la sauce parcimonieusement, en l'épiçant parfaitement pour une juste appréciation par nos papilles visuelles.
Les personnages sont également très hauts en couleurs, autre caractéristique des films made by Pixar ; entre un petit cuistot typé italien excentrique et acariâtre, un commis aux poubelles gentiment ingénu et un critique gastronomique dégingandé et légèrement aigri, le casting est cuit à point!
Les créateurs de Ratatouille n'ont plus eu qu'à - mais c'est là que réside tout le génie de la recette - mélanger tous ces précieux ingrédients pour nous donner quelque chose avec des gags qui ne tombent jamais à plat et dont on peut tout dire sauf qu'ils sont éculés, et qui surtout offre un rafraîchissement qui fait vraiment plaisir au moment où tout semble bon à être recyclé (même les films...).
Une oeuvre intelligente et au charme incontesté que petits et grands auraient tort de bouder sous peine de ne pas se régaler.
12:00 Publié dans Cinéma, Mes perférences à moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ratatouille, animation, Pixar, Disney
11.08.2007
Heaaaaaaaaaaadbaaaaaaaang!
14:06 Publié dans Mes perférences à moi, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Insomnium, musique, death metal mélodique
10.08.2007
Sarkozy le néo-colonialiste

"Monsieur le Président,
Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.
Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.
Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.
Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?
Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.
Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?
Sincèrement et franchement à vous."
Antananarivo, le 3 août 2007
Lettre rédigée par:
Raharimanana et les écrivains
Boubacar Boris Diop (Sénégal),
Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),
Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),
Kangni Alem (université de Lomé),
et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).
Relayé par le journal Libération
14:40 Publié dans Monde de drogués | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, France, colonisation, Afrique
03.08.2007
Je deale à mourir
13:45 Publié dans Delirium tremens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
